Hadj 2012: De l’espoir au désespoir ?

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L’arrivée de Monsieur Ibrahim Yacouba au Ministère des Transports a suscité de réels espoirs chez nombre de pèlerins nigériens.Un espoir qui a vite fait oublier que c’est un acteur de la Société civile qui dévoile ses ambitions politiques. Espoir, oui, parce que l’homme, très cultivé, paraissait affranchi des chaînes politiciennes. Espoir parce que le tout nouveau ministre des Transports est connu du grand public pour ses combats émérites à défendre les siens, c’est-à-dire, les douaniers dont il était le patron du syndicat. Espoir aussi parce que le puissant SG du SNAD (Syndicat national des agents des douanes) est présenté comme un homme ayant réussi sa vie donc à l’abri du besoin et du coup, imperméable à l’influence des argentiers. Pourtant, toute l’espérance ainsi nourrie est en train de fondre comme du beurre au soleil Et ce ne sont pas les professionnels du hadj encore moins les candidats au pèlerinage qui diront le contraire.

Aujourd’hui, l’inquiétude est visible chez les uns comme chez les autres. Et cela, depuis la révélation des compagnies aériennes retenues pour le transport des pèlerins du Niger. Max-Air et NAS à travers l’Agence Beitoul – Islam, tel est le tableau affiché après attribution du marché. Le désespoir se trouve dans l’histoire récente du hadj dans notre pays. L’année dernière (2011), ce sont ces mêmes compagnies qui ont été retenues par l’ex-Ministre des Transports. Le résultat a été chaotique : les pèlerins du Niger avaient mis 52 jours au lieu de 10 jours pour aller en Arabie Saoudite, accomplir les rîtes du hadj et revenir au pays. Leurs bagages ont mis plus de temps à les rejoindre : environ 60 jours.

Alors, comment expliquer que des compagnies aériennes ayant fait montre d’autant d’incompétence puissent être reconduites au grand dam des candidats au pèlerinage ? Les mêmes causes produisant toujours les mêmes effets, difficile d’attendre meilleurs résultats de ces avionneurs. Surtout que les choses sont davantage compliquées cette année avec les nouvelles mesures édictées par les autorités saoudiennes. Une décision royale impose aux pays ayant un nombre de pèlerins inférieur ou égal à 20 000 un délai de 18 jours pour l’arrivée et le retour de leurs ressortissants. Le Niger qui a enregistré 15 000 pèlerins l’année dernière se retrouve donc dans cette fourchette.

Dans ces conditions, comment peut-on faire confiance à des transporteurs qui ont mis près de 2 mois à acheminer et rapatrier nos pèlerins des Lieux Saints de l’islam ? Alors même que l’article 2 du contrat dûment signé entre l’Etat du Niger et ces avionneurs prévoit 20 jours en aller et retour prévu par les clauses en ces termes : « Phase Aller : NIM – MED ou JED (ndlr lisez Niamey – Médine ou Djedda) du 10 au 20 octobre 2011. Phase retour : JED – NIM du 12 au 21 octobre. » Pourtant, ce délai n’a jamais été respecté. Malgré tout et comme pour dire ‘’bravo’’ on refait appel aux mêmes. Ces compagnies aériennes sont-elles les seules au monde ? Le pouvoir en place, ne peut-il pas se passer d’elles pour une raison ou pour une autre ?

Est-ce que les intérêts des pèlerins nigériens, ne pèsent pas plus que l’aile d’une mouche face à ceux de ces compagnies ? En tout état de cause, le pèlerinage 2012 risque d’être pire que le précédant. Normal parce que personne ne semble se soucier de la sauce à laquelle seront mangés nos pèlerins. Les acteurs de la Société civile contournent le sujet, les syndicats n’en parlent pas du tout et même l’Association nationale de défense des droits des pèlerins ANDDP – Hakkin Alhazzey qui a commencé à faire du bruit est retombée dans un silence étonnant. Pour l’instant, on n’ignore le pourquoi de ce silence à moins que les puissants organisateurs du hadj n’aient trouvé le moyen de lui clouer le bec.

En tout cas, avec ou sans association, Allah sera toujours avec les pèlerins et ceux qui leur nuisent délibérément ne font, en réalité, du tort qu’à eux-mêmes.

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