DJINGAREY MAÏGA :  »Au plus loin dans le noir  » un de plus dans la serie.

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Le vieux Djingarey n’est plus à présenter. Les anciens comme les jeunes cinéphiles, chacun dans son époque, a pu suivre l’évolution des films longs métrages de celui qui est resté fidèle à sa philosophie. Surnommé « le dernier des Mohicans » parce qu’il est actuellement le seul des « pionniers du cinéma nigérien » à réaliser encore aujourd’hui des longs métrages de fiction, c’est en 1961 que Djingarey Maïga a commencé à s’intéresser au cinéma.

Selon une biographie dressée par Africultures, c’est en 1972 qu’il réalisa son premier film,  »Le Ballon », dans lequel il est aussi le caméraman, et dont l’acteur principal est son fils aîné âgé de 6 ans. Ensuite, il réalise successivement  »L’Etoile Noire » en 1975,  »Aube Noire » en 1983,  »Miroir Noir » en 1994,  »Vendredi Noir » en 2000. Djingarey Maïga a fini de tourner son long métrage  »La Quatrième nuit Noire » (2008), dans la souffrance, par manque de moyens financiers. Aujourd’hui, le  »Vieux » est à son 7ème long métrage intitulé  »Au plus loin dans le noir ».

 »Tout de suite après, j’ai attaqué ce film dont j’ai eu l’idée depuis que j’étais entrain de finir  »Quatrième nuit noire. Je me suis reposé un moment, puis je me suis dit qu’il fallait que j’écrive. J’ai écrit une histoire qui m’intéresse ! C’est un sujet d’actualité dont je ne vais pas dévoiler les contours maintenant. Mais je peux vous dire que je m’inspire de ce qui se passe à Niamey et de ce qui est contenu dans les colonnes des journaux », nous a confié le réalisateur. Il s’est donc mis à écrire. Djingarey précise qu’il n’a pas attendu que  »Quatrième nuit noire » lui apporte de l’argent avant de commencer ce film, car en Afrique, dit-il avec amertume, le cinéma ne rapporte pas.  »Quand nous faisons nos films ici, c’est d’abord pour l’honneur de nos pays. Mon dernier film par exemple, je l’ai vendu à CFI pour un prix dérisoire. Aujourd’hui il se trouve dans toutes les télévisions du monde. Quand on fait un film, c’est vraiment pour montrer notre pays, montrer l’existence du cinéma nigérien et aussi parce que le cinéma est un évènement culturel qui accompagne les évènements de tous les jours », a t-il précisé.

Déterminé à poursuivre son objectif, Djingarey Maïga ne semble pas baisser les bras face à l’adversité. C’est pourquoi il a commencé à réaliser son dernier film avec ses propres moyens après avoir vendu ses réalisations à Télé Sahel dont l’actuel Directeur général lui a apporté son soutien en achetant les films au prix qui pouvait l’arranger.  »Cet argent, quand je l’ai eu, je pouvais acheter autre chose, mais j’ai préféré l’investir en me dotant d’une caméra et j’ai recruté des acteurs pour le tournage du nouveau film », a-t-il indiqué.

Convaincu que le cinéma est un moyen d’affirmation de soi, le  »Vieux » a continué dans la lancée des nouvelles technologies. Habitué des pellicules, il s’est reconverti au format numérique.  »Avant, je tournais avec de la pellicule, ça coûtait très cher, et aujourd’hui ça n’existe même pas ; donc je me suis reconverti au numérique. C’est pourquoi j’ai acheté ma propre caméra avec laquelle je tourne. Je peux vous dire que ça reste encore amateur, car on peut faire un travail professionnel mais qui ne peux sortir que sur DVD ou DV Cam. Ça ne peut malheureusement pas aller dans des festivals où on présente des films de qualité. Il faut carrément le transformer en 35 mm et ça, ça coûte excessivement cher. En ce moment, c’est comme si vous avez tourné en pellicule. Pour arriver à ce résultat, nous aurons certainement besoin de l’aide de l’Etat pour présenter des films de qualité lors des festivals », a-t-il estimé.

Très motivé, malgré la rude concurrence de la nouvelle génération de cinéastes, Djingarey Maïga a eu l’opportunité de participer à un concours de scénarios nigériens organisé au niveau du Centre national de la cinématographie du Niger (CNCN). Il y avait 13 scénarios en compétition et il reçu le 1er prix.  »Ce prix a aussi été investi dans le tournage du film. Nous avons fini le tournage et je suis à la phase de montage. Je suis à bout de souffle après avoir tout investi pour réaliser ce film, et si l’Etat peut nous aider par le biais de notre Centre, je crois que ce serait une bonne chose pour moi et pour tous ceux qui ont gagné un prix au concours de scénarios. Je pense que la direction générale du CNCN est animée d’une réelle volonté d’aider les cinéastes, mais les moyens qui devaient être mis à sa disposition ne suivent pas », indique le dernier des Mohicans.

 »  »Au plus loin dans le noir » est un film long métrage de fiction, tout comme ses prédécesseurs, dans ma série ». C’est un film, estime Djingarey Maïga , dont il faut avoir le courage pour l’imaginer et le réaliser, et pour cela, il demande l’aide de tous les Nigériens afin que ce film, dont la sortie est prévue pour la fin de l’année 2012, puisse voir le jour.

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