Le terrorisme, un phénomène mondial

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Il y a une décennie de cela, la question du terrorisme était considérée par de nombreux pays africains comme un phénomène lointain qui sévissait particulièrement dans les pays occidentaux. Défini comme étant l’emploi délibéré de la violence, le terrorisme, de par sa complexité, son ampleur et sa capacité d’adaptation, est devenu de nos jours un phénomène mondial étant donné qu’aucun pays n’est à l’abri de cette menace. En Afrique, le terrorisme a fait son apparition dans les années 1990 avec le Front Islamique du Salut (FIS), lequel parti politique, par l’entremise de sa branche armée, a favorisé la création d’Al-Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI) en 2007. S’étant fixé pour objectif de s’attaquer aux intérêts des puissances occidentales, AQMI s’est installé progressivement dans la bande sahélo-saharienne, notamment au Mali et au Niger. Dès lors, des prises d’otages, dirigées contre les occidentaux, et des trafics de tout genre se sont multipliés dans cette région de l’Afrique. Cette situation s’est aggravée avec le déclenchement du conflit touareg au Mali ayant abouti à l’occupation du nord de ce pays par des groupes terroristes tels que AQMI, MUJAO, Ansar Dine. Le Burkina Faso, qui fait frontière avec le Mali et le Niger, n’est pas à l’abri de cette menace terroriste. En effet, ces groupes terroristes n’hésiteront pas à utiliser le territoire burkinabè comme  »zone de refuge » surtout qu’ils sont traqués actuellement jusqu’à leurs derniers retranchements.

La menace terroriste se caractérise principalement par des attaques contre les unités des Forces de Défense et de Sécurité, des attentats divers et des prises d’otages qui semblent devenir les actions privilégiées d’AQMI. Ainsi, si le souvenir du premier attentat suicide perpétré en Afrique de l’ouest, le 8 août 2009, contre l’Ambassade de France à Nouakchott, reste encore vivace dans les esprits, l’on retient aussi les multiples enlèvements d’occidentaux et tentatives d’enlèvement au Niger, au Mali et en Mauritanie. Le dénouement de ces situations a souvent été tragique comme ce fut le cas du britannique Edwin DYER (mai 2009) du français Michel GERMANEAU (juillet 2010) et de deux otages français (Antoine de Leocour et Vincent Delory) en janvier 2012 lors d’une opération de libération. L’émergence de la secte intégriste musulmane Boko Haram, avec ses multiples actions de terreurs au Nigeria, sonne également comme un appel à la mobilisation. L’énumération des faits ci-dessus mentionnés montre une intensification de la menace d’AQMI dans la sous région. Les actes perpétrés notamment contre l’ambassade de France à Bamako (le 5 janvier 2011) par un jeune ressortissant tunisien se réclamant d’AQMI, et surtout les enlèvements dans la ville de Niamey (le 7 janvier 2011) des deux ressortissants français, de même que ceux de trois ( 03) travailleurs d’une ONG dans la région de Maradi en octobre 2012, ont fini de nous convaincre non seulement de la réalité de la menace, mais aussi du fait qu’aucun endroit dans la zone ne peut constituer un abri contre les actions d’AQMI. Aussi, l’occupation du Nord du Mali jusqu’à plus de la moitié du territoire national par les groupes du MNLA, ANSAR DINE, MUJAO et AQMI a montré clairement que la menace est dans le Sahel. En effet, la bande sahélo-saharienne est une zone de vulnérabilités multidimensionnelles. Et du fait des caractéristiques géographiques, cet immense espace bénéficie d’une faible couverture sécuritaire.

Oumarou Moussa

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