Gouvernance politique:Ce qui se chuchote à Niamey

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La rumeur populaire ou si vous voulez les ragots, les colportages et les commérages sont monnaie courante dans notre société. Ce phénomène a pris tellement d’ampleur qu’il n’ y a désormais plus de place pour le secret chez nous. Et, figurez-vous que ces rumeurs deviennent persistantes, pleines de vérités souvent insoupçonnées. Le Niaméen ou même le nigérien en général est devenu très friand de ces ragots qui mettent à nue des complots et des pratiques pas du tout orthodoxes.

 

Jamais un pouvoir n’a servi autant la rumeur populaire que celui de la 7ème République. Il s’est dit ceci, il s’est dit cela, le tout dévoilant les ratés des princes qui nous gouvernent. Pour l’heure, ce qui tient en haleine les niaméens est cette pratique d’achat de conscience. Du sommet à la base, les militants les plus influents de l’opposition sont en train d’être acheter au profit du guri système qui nourrit quant à lui l’ambition d’un sans faute en 2016, un passage au premier tour. Pour atteindre cet objectif, il se raconte que le Président Issoufou Mahamadou serait en train de négocier les formations politiques acquises à sa cause pour un désistement de leur candidat aux présidentielles de 2016 et leur ralliement à sa candidature. Ainsi, tous ces leaders qui constituent l’écurie du Guri système vont tout simplement refuser de déposer leur candidature pour appeler leurs militants à voter le candidat Issoufou Mahamadou, au moment où l’opposition de son côté irait en rangs dispersés. Un autre ragot aussi car, le bons sens recommanderait que l’opposition elle aussi prenne la mesure de la force en face et qu’elle se solidarise derrière la candidature d’un seul homme.

 

Là, il se chuchote que cette option ne serait qu’un vœu car l’unanimité est loin d’être trouvée sur le nom de qui représenterait cette opposition aux prochaines échéances présidentielles. Dans tous les cas, l’exemple sénégalais est là pour donner une leçon de bon sens aux uns et aux autres. Un leader de l’opposition aurait appelé les uns et les autres à la retenue en prenant justement comme exemple l’échec sanglant que Wade a enregistré contre l’opposition sénégalaise qui a su taire ses divergences pour bloquer son passage forcé. Cependant, la réalité est restée telle, malgré l’intervention, parait-il, de Tandja Mamadou qui aurait été appelé à la rescousse.

 

Des trois figures prou de l’opposition, aucune ne voulait laisser à l’autre cette prérogative. Aux dernières nouvelles, un des trois aurait désisté au profit des deux qui n’arrivent toujours pas a trouvé un consensus. Le grand problème autour des deux belligérants est que leurs candidatures seraient incertaines. Encore la rumeur populaire raconte que des complots seraient ourdis au prochain congrès que les deux formations politiques tiendraient.

 

Ainsi, des dissidents seraient en train de mettre le paquet sur les régions pour délégitimer les leaders actuels. Menace à prendre au sérieux du moment où nous connaissons très bien nos compatriotes pour leur boulimie de l’argent et du pouvoir. Une fois cette sombre besogne accomplie, de nouveaux leaders seraient donc cooptés à la tête de ces formations politiques. Que deviendraient les autres évincés ? A Koutoukalé, s’il vous plait, car on aurait remué terre et ciel pour leur faire endosser des pratiques nébuleuses à travers leurs gestions passées. Que serait la suite ? Un seul candidat, celui-là qui a désisté au profit des deux prisonniers resterait le seul en liste du côté de ceux qui ont dit non. Imaginez alors le score soviétique qui émanerait des prochaines élections présidentielles.

 

Ce ne serait peut être pas parce que le peuple aurait réellement voté mais tout simplement parce que visiblement on aurait réuni tous les arguments possibles pour une telle entreprise. Et soyez d’accord avec nous qu’avec le shama qui se prépare, nul ne peut contester la légitimité d’éventuels résultats faramineux.

 

Alors, il se chuchote que c’est désormais conscient de ce qui risquerait de se passer dans son dos que l’opposition politique se cramponnerait derrière une seule option, celle de la légitimité populaire. En tout cas, à l’allure où vont les choses, on risque de voir tous les ténors présumés des fiefs politiques basculer au côté du pouvoir. Car, dans cette affaire, il est question de grosses sommes, de très gros sous qui circulent.

 

De l’argent tel que personne ne peut s’y opposer. On dit dans la vie que « Tout homme a un prix », c’est la valeur qui fluctue. La menace est donc réelle même si dans la réalité, ces désertions ne drainent pas grand monde, on le sait très bien. L’exemple du Cosimba et du peuple de Tandja Mamadou sont encore frais dans notre mémoire. La seule option sur laquelle se cramponnerait l’opposition serait donc ces démonstrations de force à travers des sorties dans la rue. Le pouvoir a-t-il senti venir le coup lorsqu’il avait décidé d’interdire ces manifestations ? Allah wa’allam.

 

Dans tous les cas, seuls ces meetings géants et des actions d’éclats, toujours avec le vrai peuple peut témoigner de la force réelle de l’opposition et de la nullité des désertions. Pour le moment, on assiste à une réalité ambiante très forte : « mangez si on vous apporte », tel est le mot d’ordre des leaders de l’opposition pour ne pas priver leurs militants de l’aubaine.

BIZO

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