Une mère sans foi

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Chaque jour qui passe, on a échos à Niamey de sordides histoires dont raffolent les Niaméens très friands de sensationnel. Ces histoires rapportées dans des journaux sous forme de faits divers ou colportées par la rumeur populaire témoignent du degré de dépravation de nos mœurs ;les faits divers ne font plus rire ; du moins, très peu gardent encore ce cachet.

Pour la plupart, ces histoires choquent et, celle que je vais vous raconter entre dans ce registre.

Halima vit seule avec sa fille Hamsa dans un quartier très chic de la capitale.

La villa qu’elles habitent est l’héritage laissé par le père de Hamsa, un comptable rappelé à Dieu dans sa tendre enfance. Halima et sa fille ont alors bénéficié d’un important capital que le défunt a laissé.

Onze années après la mort de son mari, Halima n’a toujours pas trouvé un mari. La principale

raison chuchotée dans le quartier est que cette femme serait une diablesse. Au fait, on raconte que Halima serait à la base de la mort de son mari qu’elle aurait mangé ; eh oui, en Afrique on sait bien ce que cela veut dire.

Cette information a tellement tourné dans le quartier que même un étranger en était informé dès le premier jour de son séjour. La mère a fini par communiquer sa poisse à la fille qui, à 25 ans, n’a toujours pas trouvé un prétendant. Le seul qui s’était hasardé était l’intrépide Abdou.

Malgré tout ce qui se disait sur le compte de cette famille, Abdou avait décidé d’approcher Hamsa. Au fait, il en était tombé éperdument amoureux un jour où il avait croisé la jeune demoiselle à un coin du quartier. Cette seule rencontre avait suffi. Abdou avait fini par avoir ses entrées libres chez Hamsa.

La jeune fille lui témoignait un amour sincère, une passion à nulle autre pareille. Hamsa n’était

pas la seule qui nourrissait de l’affection pour le jeune Abdou. Halima la mère de Hamsa aussi aimait le jeune homme. Eh oui, en manque parce que crainte par tous les hommes du

quartier, Halima avait fini par pousser le jeune homme dans son lit.

Il avait certes résisté un temps, mais très vite il avait cédé sous les pressions en tout genre de la dame. Quelques mois plus tard, une autre pression s’était installée sur les épaules d’Abdou : Halima était tombée enceinte.

Scandale diriez-vous ? Pas encore car avec l’argent, tout homme a un prix. Halima réussit à s’attacher le service d’une sage femme qui lui faisait les consultations et les soins à la maison. Quand deux femmes s’entendent, même Satan ne voudrait pas s’immiscer entre elles.

Dans le quartier, les gens ne comprenaient absolument plus Abdou le jeune amant de Hamsa.

Il avait fini par engrosser la jeune fille qu’il accompagnait régulièrement à son école, le ventre bedonnant.

On disait de lui qu’il était un diable pour avoir réussi à engrosser cette enfant de diablesse.

Quant à Halima, la honte l’avait contrainte à ne plus mettre le pied dehors. Personne ne voyait

cette femme dehors à cause de la honte de la grossesse de sa fille.

Les choses évoluaient ainsi jusqu’au jour où le quartier apprit que la jeune fille avait eu un joli bébé, un garçon. On organisa le baptême avec faste ; les gens du quartier avaient participé en masse ; certains pour simple curiosité d’autres pour la balsa.

Les choses se gâtèrent quand Abdou avait manifesté le désir d’épouser la jeune fille Hamsa. La mère s’opposa vertement : la raison est toute simple : Hamsa n’avait jamais porté une grossesse.

Elle avait simulé cette grossesse pour masquer la honte de sa mère. A présent qu’elle était rongée à mort par l’amour d’Abdou, elle ne pouvait plus se taire. Elle parla et cette amère vérité court aujourd’hui dans un quartier de la capitale. Que Dieu nous en garde.

Madougouizé

 

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