Niger: un juriste arrêté

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Au Niger, le juriste Boubacar Hassane a été arrêté dimanche pour avoir commenté un arrêt de la Cour constitutionnelle.

Il est reproché à ce spécialiste du droit constitutionnel d’avoir déclaré que cette juridiction a outrepassé ses prérogatives en accusant le président du Parlement nigérien, Hama Amadou, d’avoir violé la Constitution.

 

Hassane, l’un des leaders de la société civile nigérienne, est placé en garde à vue depuis dimanche.

Il a, selon le procureur de la République, déclaré que la Cour constitutionnelle a « outrepassé ses attributions constitutionnelles ».

« Blocage »

Le procureur lui reproche d’être allé « trop loin dans ses commentaires ».

Boubacar Hassane a commenté un arrêt de la Cour accusant le président de l’Assemblée nationale d’être responsable du « blocage » du travail des députés et d’avoir, par conséquent, « violé la Constitution ».

Hama Amadou, un ex-allié du régime, a rejoint l’opposition en août 2013.

Selon l’Agence France-Presse, l’Association des constitutionnalistes du Niger (ACN) a estimé que Hassane, l’un de ses membres, « a fait un commentaire technique, comme l’autorise la loi ».

« Nous pensons que le pouvoir ne veut pas tout simplement de la contradiction. Nous n’allons pas nous laisser museler », a averti Maïna Karté, un membre de l’ACN.

A deux ans de la présidentielle de 2016, le climat politique au Niger est très tendu entre le président Mahamadou Issoufou et l’opposition.

Une dizaine de personnes, pour la plupart journalistes, militants ou opposants, avaient été arrêtées puis relâchées en début d’année pour des délits d’opinion.

 

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