Semaine de mobilité régionale : Halte aux tracasseries sur nos routes

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Le président de la Commission Nationale des Droits Humains (CNDH), Pr. Khalid Ikhiri, a présidé, samedi dernier, à l’Espace Franz Fanon de Niamey, la cérémonie de lancement de la semaine de mobilité régionale.

 

 

Cette manifestation dénommée Loujna-Tounkaranké, un mot provenant d’un mélange d’arabe et de soninké qui signifie comité de promotion des droits des migrants, organisée par le groupe  »Alternative Espaces Citoyens » en collaboration avec l’Association Nigérienne pour la Défense des Droits de l’Homme, (ANDDH) regroupe seize (16) organisations de la société civile d’Afrique de l’Ouest, du Maghreb et de France dans le seul but d’œuvrer à l’application du protocole de la CEDEAO sur la libre circulation des personn es et des biens.

 

C’étaient en présence du président du comité national, Elh. Ali Seydou, du coordonateur régional de la campagne, M. Tcherno Hamadou ainsi que de plusieurs invités.

Au cours de cette cérémonie de lancement des activités de cette semaine de mobilité régionale, le président de la Commission Nationale des Droits Humains (CNDH), Pr. Khalid Ikhiri, a dans une brève allocution félicité les initiateurs de cette campagne pour leur sens de responsabilité et du courage. En effet, a-t-il indiqué, c’est une tâche ardue et difficile qui les attend et qui demande un sursaut patriotique de chaque pays mais aussi de tous les acteurs à tous les niveaux.

 

Il espère que l’atteinte des objectifs de cette campagne facilitera à ne point douter la libre circulation des personnes et de leurs biens mais aussi, l’effectivité de l’intégration sous régionale. Pour ce faire, l’intérêt général doit être privilégié au détriment de l’intérêt mesquin.

 

Pour le Pr Khalid Ikhiri, la levée de cette entrave à savoir les tracasseries routières, n’est pas chose aisée si l’on mesure la gangrène qu’elle engendre, créant ainsi la méfiance voire l’inimitié entre les contrôleurs routiers et les usagers de la route.

 

Auparavant, le président du comité national, Elh. Ali Seydou a rappelé que cette campagne d’information, de mobilisation sociale et d’interpellation des décideurs se déroulera de janvier à décembre 2014.

 

Cette initiative entre dans le cadre du programme plus vaste de promotion et de défense des droits des migrants en Afrique de l’Ouest et au Maghreb. La raison de cette campagne, poursuit-il, vient du fait qu’en mai 1979, les quinze Etats membres de la CEDEAO ont paraphé à Dakar, un protocole sur la libre circulation des personnes, des biens et capitaux.

 

Par la suite, plusieurs textes additionnels ont été signés pour accélérer la dynamique d’intégration et de libre circulation. Malgré l’existence de ce cadre juridique propice, plus de trente ans après, on constate que la circulation régionale voulue par les dirigeants de cet espace connaît de sérieuses entraves à son application effective. ‘

 

‘Quasiment, la plupart des initiatives pour permettre aux citoyens de la communauté de jouir effectivement de la liberté de circulation, du droit de résidence et d’établissement sont restées essentiellement au stade des textes », a-t-il affirmé.

L’objectif visé, précise-t-il, reste la promotion d’ici la fin 2014 dans les quatre pays à savoir le Niger, le Mali, le Sénégal, et la Côte d’Ivoire, du protocole de la CEDEAO sur la libre circulation et ses textes additionnels auprès de l’opinion publique et des populations, notamment les migrants, les transhumants, les forces des défenses et de sécurité, les organisations de la société civile et les medias.

 

De son coté, le coordonateur régional de la campagne, M. Tcherno Hamadou, a indiqué que lorsqu’ils sont en déplacement, les ressortissants, mais aussi les non ressortissants de la CEDEAO ne sont guère protégés contre les violations de leurs droits fondamentaux. En effet, sur les routes, la libre circulation des personnes et des biens est loin d’être une réalité.

 

Le passage des frontières est soumis à des prélèvements illicites, à des pratiques discriminatoires et à des violences ou détentions arbitraires perpétrées par des agents du service d’immigration indélicats ou par les agents des forces de sécurité ignorant les contenus des protocoles de la CEDEAO sur la libre circulation.

Pilotée, par Alternative espaces citoyens (AEC), l’Association Malienne des Expulsés (AME), l’Association pour les Rapatriés d’Afrique Centrale au Mali (ARACEM), la Convention de la Société Civile Ivoirienne et le Réseau Migration et Développement (RE.MI.DEV, Sénégal), cette campagne vise à sensibiliser les parlementaires et les autorités aux entraves à la libre circulation et à mobiliser les citoyens de cet espace sous-régional. Diverses activités seront menées dans chacun de ces pays du 22 au 29 mai 2014.

Mamane Abdoulaye

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