ABN : explications sur les débits d’étiage 2014 à Niamey

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L’Autorité du Bassin du Niger (ABN) a organisé, samedi dernier, une visite de presse sur le fleuve Niger, pour expliquer aux journalistes  la situation d’étiage du fleuve Niger. Cette sortie a été dirigée par M. Robert Dessouassi, responsable de l’observatoire à l’Autorité du Bassin du Niger, assurant l’intérim du Secrétaire exécutif de cette structure.

 

 

Il était entouré, pour la circonstance, des responsables des services et experts de l’ABN ainsi que du Coordonnateur des utilisateurs et usagers des ressources naturelles du Bassin du fleuve Niger.

Les notes sur les étiages 2014 du fleuve Niger à Niamey élaborés par les services de l’ABN, font ressortir, d’une manière générale, que l’arrêt précoce de la saison hivernale en début du mois de septembre 2013, a eu pour effets, une décrue précoce. Cependant les débits sont restés supérieurs à moyenne interannuelle 1982-2012.

 

Mais à partir du début avril 2014, ces débits d’étiage sont inférieurs à ceux de l’année hydrologique sèche récente (2011-2012) et supérieurs à ceux de 1984-1985 à la même période. II est à rappeler que l’année 1984-1985 est et demeure l’année où les étiages ont été très sévères avec arrêt des écoulements des eaux du fleuve à la mi-juin.

 

Ainsi l’analyse de cette situation d’étiage du fleuve Niger à Niamey au titre de l’année 2014, présente les résultats suivant : les données et les hydrogrammes comparatifs des étiages, montrent que les débits d’étiage à Niamey cette année, sont inférieurs à ceux des années récentes 2010, 2011, 2012 et 2013. Aussi, Les débits d’étiage 2014 à Niamey se révèlent similaires à la moyenne interannuelle 1980-2013, mais sont largement supérieurs aux valeurs statistiques de la quinquennale sèche et de l’année 1985.

 

Selon toujours cette analyse, cette tendance va se poursuivre jusqu’à la reprise de la saison des pluies 2014-2015. Il faut aussi noter que le régime hydrologique du fleuve à Niamey est directement lié non seulement à l’hydraulicité de l’année mais aussi au système de gestion des ouvrages en amont notamment les barrages de Sélingué et de Markala.

 

Quant à la prévision des débits     d’étiage jusqu’en mai 2014 à  Niamey, elle donne une côte attendue d’environ 122 cm correspondant à un débit de 25 m3/s. Les écoulements en fin mai 2014 seront supérieurs à 10 m3/s qui constituent le seuil à partir duquel le fleuve Niger entre dans un étiage sévère dans la portion du « Niger Moyen » où l’alerte devra être lancée. Mais, ces derniers jours on constate une légère montée des eaux du fleuve due essentiellement aux pluies récentes.

 

En perspective pour la saison hivernale 2014 de juin à septembre dans le Niger Moyen, les débits dans le bassin du Niger montre que les écoulements prévues par le PRESEAO-17 auront une tendance « moyenne à excédentaire, avec des probabilités d’apparition de 40% pour une année moyenne, 35% pour une année excédentaire et 25% pour une année déficitaire.

 

Pour les autres régions du bassin du Niger, à savoir le Niger Supérieur, le Delta intérieur et le Niger inférieur, les écoulements auront un tendance « moyenne à déficitaire », (Réf: (PRESAO l7 à Bamako du 28 avril au 02 mai 2014)).

 

Cette visite de presse a été l’occasion pour, M.  Robert Dessouassi, responsable de l’observatoire au Bassin du Niger, Secrétaire exécutif par intérim de l’Autorité du Bassin du Niger, de présenter succinctement cette institution à travers son historique, sa vison, sa mission et son objectif. Ainsi, l’ABN est née de la volonté des Etats indépendants du bassin du Niger de coordonner leurs efforts, en vue de l’exploitation des ressources naturelles du bassin, notamment les eaux.

 

C’est dans cet ordre que l’Acte de  Niamey relatif à la Navigation et la Coopération économique entre les Etats du bassin du Niger a été signé le 26 octobre 1963. Il a été remplacé par l’Accord de Niamey relatif à la Commission du Fleuve Niger et à la Navigation et aux transports sur le Fleuve Niger signé le 25 novembre 1964.

 

La Commission du Fleuve Niger fut remplacée par l’Autorité du Bassin du Niger le 21 novembre 1980. L’ABN regroupe aujourd’hui le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Mali, le Niger, le Nigeria et le Tchad. Le siège est à Niamey au Niger. Elle a pour mission de promouvoir la coopération entre les États membres et de contribuer à l’amélioration des conditions de vie des populations du bassin par la gestion durable des ressources en eau et des écosystèmes associés.

 

Pour sa vision, L’ABN ambitionne d’être reconnue comme un organisme de bassin innovant et transparent, apprécié pour ses capacités à renforcer la solidarité entre les États membres et à générer des bénéfices partagés entre les populations, grâce à un personnel performant et avec des moyens    financiers adéquats.

 

Après cette présentation, des échanges ont été engagés entre les journalistes et les experts de l’ABN. Ils ont notamment porté sur les causes des inondations récurrentes de ces dernières années et les solutions envisageables et sur la Charte de l’eau. A cet effet, M. Koné Soungalo, expert en modélisation et M. Keita Drissa Naman,

 

Conseiller juridique ont donné des réponses et des explications détaillées sur toutes les préoccupations soulevées par les journalistes. Il a été reconnu au cours de ces échanges que le travail  remarquable qu’effectuent les  autorités communales et administratives de Niamey notamment la réhabilitation de la digue et le désensablement des caniveaux permettent la facilité d’écoulement des eaux pendant la  saison des pluies.

Ali Maman

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