Niger ( Guerre à Diffa et au Sahel ) :l’oppostion s’en prend au président Issoufou

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Réunie ce jour 12 février 2015, pour apprécier la situation de guerre imposée à notre pays l’ARDR rend publique la déclaration dont la teneur suit.

A Diffa, Bosso et dans de nombreuses autres localités de la Région, des dizaines de nos compatriotes civils et militaires ont perdu la vie ; des milliers sont en errance dans la brousse et sur les routes, qui à la recherche d’un lieu plus sécurisé, qui pour s’éloigner des lieux devenus pour eux synonymes de mort et de désolation. Ceci est illustratif des images que nous observons, de loin sur des chaînes de télévision, images caractéristiques des catastrophes telles dans certaines zones d’Afrique et sur d’autres continents où des populations déplacées et en errance allant vers des destinations inconnues.

Militantes et Militants

Il vous souviendra comme au début de la crise malienne, que ce 9 Février 2015, la représentation nationale, conformément à la Constitution, vient une fois de plus d’autoriser l’envoi de troupes en République Fédérale du Nigéria. L’ARDR se réjouit et reste solidaire de la position des députés de l’Opposition qui ont décidé de voter cette résolution.

Pour l’ARDR, la défense de la patrie et la sécurité de nos concitoyens restent un devoir sacré qui requiert l’engagement de chacun et la mobilisation de tous.

C’est, pourquoi l’ARDR apporte son soutien ferme aux forces de défense et de sécurité pour la défense de notre souveraineté nationale, de l’intégrité territoriale de notre pays ainsi que de la quiétude de nos laborieuses populations. Mais s’il est vrai que nous acceptions d’envoyer nos forces de défense et de sécurité sur les terrains de certaines opérations de guerre, il reste que le peuple Nigérien, peuple pacifique, ne peut s’associer aux velléités, insouciantes , inconscientes et va-t-en-guerre des dirigeants actuels.

Militantes et Militants

Comment sommes-nous arrivés à cette situation ? Cet état de guerre que vit actuellement notre cher pays est entièrement imputable aux seuls agissements du Président Issoufou Mahamadou. En effet ayant hérité d’un pays paisible et en pleine croissance, Issoufou Mahamadou au lieu de s’atteler d’abord à consolider les acquis qu’il a trouvés puis tenter de mettre en œuvre ce qu’il qualifie de son programme, passe son temps à exposer quotidiennement notre pays à des conflits internes et externes de tous ordres.

Qu’on se rappelle des propos va-t’en guerre de Issoufou Mahamadou au tout début de la crise malienne; crise dont les conséquences sont toujours perceptibles dans le nord Tillabéry avec son lot quotidien de mort d’hommes, de blessés, d’enlèvement et de vol de bétails.

De même, alors que toute la communauté internationale demandait de privilégier le dialogue pour la résolution du conflit libyen, le président Issoufou Mahamadou s’évertuait toujours à demander un service après-vente de la part des puissances occidentales, c’est-à-dire refaire une fois de plus la guerre en Libye; guerre qui aggraverait inévitablement la situation déjà délétère dans la partie nord du Niger. Comme si cela ne suffisait pas, il n’a pas hésité à s’inviter à la marche de Paris du 11 janvier 2015 à l’occasion des évènements malheureux de CHARLIE HEBDO, mais surtout à tenir des propos insouciants, inconscients et fanfarons dont les conséquences fâcheuses connues de tous les nigériens ont entraîné une dizaine de morts, des centaines de blessés, des saccages des écoles et centre culturel, ainsi que des propriétés privés, domiciles et lieux de culte de paisibles citoyens.

Les derniers événements survenus dans la région de Diffa, ont montré les limites objectives du gouvernement d’Issoufou Mahamadou plus devenu désormais facteur d’insécurité permanente et d’instabilité politique et qui a affaibli notre capacité nationale à faire face aux menaces et aux défit de tous genres.

A l’évidence, le comportement du Président Issoufou Mahamadou n’est pas étranger à la multiplication des différents foyers de tensions que connaissent toutes les frontières du Niger.

Militantes et Militants

La question que l’on doit se poser aujourd’hui est celle de savoir pourquoi le président Issoufou Mahamadou, président d’un pays qui est le dernier de la planète en indice de développement humain s’invite-t-il dans tous les foyers de crises ?

En réalité l’objectif du président Issoufou Mahamadou est clair et se décline en quatre axes :

1. Au-delà du titre de chef de guerre dont il se gargarise, Issoufou Mahamadou veut être considéré comme le principal leader des chefs d’Etat de la sous-région. Pour y parvenir, il n’hésite pas à poser des actes préjudiciables aux intérêts vitaux du Niger et de son peuple ;

2. A un an de la fin de son mandat, incapable d’avoir tenu les promesses faites au peuple nigérien, il lui faut trouver des échappatoires pour justifier son échec ;

3. A travers son implication dans les différents conflits, le président Issoufou Mahamadou pourrait aisément demander à la représentation nationale une série de collectifs budgétaires au prétexte de doter les forces de défense et de sécurité en moyens financiers pour l’achat d’armements militaires. Ces moyens financiers visent en réalité à élargir l’espace de surfacturation, de détournement et de pratiques mafieuses dont le régime est familier.

En témoigne la ponction de 20 milliards irrégulièrement opérée par le Ministre des finances sur les ressources de l’Agence de Régulation des Télécommunications et de la Poste (ARTP)qui ne sont non encore ni remboursées, ni justifiées au peuple nigérien et dont les principaux bénéficiaires que sont les Forces de Défense et de Sécurité ignorent encore la destination;

4. Chercher à créer une situation d’insécurité généralisée au Niger pouvant conduire à un report programmé au-delà des échéances électorales ; prolongeant de facto son mandat à l’image de celle déjà connue dans certains pays de la sous-région.

Militantes et Militants

La situation sécuritaire du Niger est grave et même très grave.

Face à cette grave situation le bon sens voudrait qu’il y ait un apaisement des tensions et de crises artificiellement créées et une union de tous les nigériens. Mais peut-il y avoir union des nigériens quand le président Issoufou Mahamadou procède chaque jour :

a) à la division des organisations de la société civile ;

b) à la division des organisations syndicales ;

c) à la division des organisations patronales ;

d) à la division des associations scolaires et estudiantines

e) au démantèlement du CNDP

f) et au concassage des partis politique.

En témoigne le remplacement des représentants légitimes de CDS RAHAMA et du MNSD NASSARA au Conseil National du Fichier Electoral Biométrique par des dissidents qui bénéficient du soutien total du Président de la République. Cette situation est une forme de guerre interne menée contre l’opposition politique c’est à dire une frange importante de la population nigérienne.

Que les nigériens ne se trompent pas. Le Président Issoufou Mahamadou ne veut pas la paix, car il ne pense se réaliser que dans le conflit perpétuel.

Militantes et militants,

La guerre s’est malheureusement imposée à nous. Mais le prétexte de la guerre ne doit pas être une raison pour le Président et son gouvernement de se soustraire de leur devoir régalien à l’endroit d’un peuple déjà meurtri par des souffrances multiples. Il reste entendu que l’envoi des troupes en République Fédérale du Nigéria doit être accompagné par :

1. La création des conditions optimales pour assurer la sécurité intérieure et celle de nos frontières. A cet égard, il convient que l’ensemble du matériel militaire, aujourd’hui affecté à la protection exclusive de Issoufou Mahamadou soient remis à la disposition de nos Forces de Défense et de Sécurité qui en ont maintenant tant besoin ;

2. La création des conditions morales et matérielles pour les forces engagées sur le terrain, notamment en leur octroyant des indemnités spéciales consistantes, ce qui implique que les importantes ressources utilisées dans les missions et autres dépenses de prestige soient affectées aux Forces de défenses et de Sécurité;

3. Mettre fin aux dérapages verbaux et aux errements du Président de la République et de certains membres du gouvernement, susceptibles de mettre en danger les populations du Niger et privilégier l’apaisement et la mobilisation de toute la nation autour de nos forces de défense et de sécurité appelées à la défense de la patrie.

4. Cette situation doit être gérée avec responsabilité et discernement afin d’éviter tout abus ou dérapage, préjudiciable à l’état de droit, au cadre démocratique et républicain. Quoi qu’il en soit, l’Opposition continuera la veille démocratique pour que tout se déroule sous l’empire de la loi. C’est pourquoi, l’ARDR exige du gouvernement que le peuple soit régulièrement informé sur le déroulement des opérations, ainsi que l’état physique et moral des effectifs nigériens engagés sur le terrain

Enfin au nom de toutes les militantes et militants, l’ARDR présente ses condoléances au peuple nigérien, aux forces de défense et de sécurité et souhaite un prompt rétablissement aux blessés. L’ARDR demande à l’Etat d’apporter l’aide et l’assistance nécessaires aux populations déplacées. Elle demande en outre aux Nigériennes et aux Nigériens d’exprimer toutes leur compassion et solidarité à nos frères civiles et militaires victimes de cette barbarie humaine.

Aussi, l’ARDR demande aux militantes et militants, sympathisantes et sympathisants de prier pour que Dieu bénisse et protège nos vaillantes forces de défenses et de sécurité et qu’il descende sa grâce et sa miséricorde sur le peuple nigérien. Amine !

Je vous remercie.

Fait à Niamey le 12 Février 2015

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