Niger Boko Haram Ocha: la situation des milliers de déplacés se dégrade

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Toby Lanzer, le Coordonnateur humanitaire régional pour le Sahel, a souligné aujourd’hui la générosité immense des communautés et du Gouvernement du Niger qui accueillent les déplacés qui ont fui les violences au nord-est Nigéria.

Il a félicité les actions des acteurs humanitaires en appui aux efforts du gouvernement avant d’ajouter que la communauté internationale devait faire écho à l’humanité des populations de la région et prendre ses responsabilités dans le partage de la charge humanitaire.

Le Coordonnateur Régional Humanitaire achève une mission de cinq jours au Niger durant laquelle il a pu évaluer la situation humanitaire du pays en proie à des crises multiples. Il s’est notamment rendu dans la région de Diffa, particulièrement affectée par les violences et l’insécurité croissante autour de la région du Lac Tchad, avant de se rendre à Agadez, un des principaux sites de transit de migrants en Afrique de l’Ouest.

« Les traumatismes et la psychose sont palpables chez ces familles qui ont  fui les attaques brutales de leurs villages par Boko Haram » a indiqué Lanzer après avoir rencontré les familles du site d’Assaga qui abrite plus de 6 000 déplacés et réfugiés du Nigéria.

« La plupart, surtout des femmes et des enfants, expriment un désespoir immense. Malgré les efforts conjoints des équipes humanitaires et du Gouvernement, leur dénuement est flagrant. Leurs moyens de subsistances sont décimés. Certains ont été déplacés à plusieurs reprises, d’autres dorment à la belle étoile. Les jeunes, en particulier, ont été forcé d’arrêter leur scolarité et ont peu de perspectives d’avenir.»

Le site d’Assaga se situe dans la région de Diffa qui accueille plus de 150 000 déplacés et réfugiés du Nigéria. Ils rejoignent une région extrêmement fragilisées par des années successives de sècheresses et d’inondations, des épidémies récurrentes et un accès limité aux services essentiels.

A Diffa, plus de 350 000 personnes sont en insécurité alimentaire, tandis que le nombre d’enfants admis pour le traitement de la malnutrition aigüe sévère a doublé par rapport à la même période l’an passé.  « Plus d’une personne sur quatre est désormais déplacée dans la région de Diffa. Les communautés qui les accueillent sont issues de la région la plus pauvre, du pays le plus pauvre au monde » a indiqué Lanzer au terme de sa visite.

Le Niger accueille plus de 220 000 réfugiés et déplacés par les conflits au Nigéria et Libye et au Mali voisin. A cela s’ajoutent encore les milliers de migrants qui transitent par le pays chaque année.  A Agadez, dans le Nord du pays, entre 80 000 et 120 000 migrants essaieront de transiter par le Niger cette année, selon les estimations du Gouvernement. C’est près de quatre fois plus que les estimations en début d’année.

« Au-delà d’une assistance urgente aux populations en crise, il faut davantage investir dans des politiques qui peuvent enrayer les crises à répétitions» a ajouté Fodé Ndiaye le Coordonnateur  Humanitaire et Coordonnateur Résident des Nations Unies au Niger. « L’accès à l’éducation, à l’emploi, aux services sociaux, de même que la création de richesses adéquates sont essentiels pour conduire une transformation structurelle et ainsi préserver l’îlot de stabilité que représente le pays au sein de cette région tourmentée »

En rappel, l’appel de fonds lancé cette année par les acteurs humanitaires au Niger pour répondre aux besoins identifiés n’a mobilisé, à ce jour, que 40% sur un montant 376 millions de dollars.

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