Le juge doit rester le citoyen au service de la nation qu’il est d’abord

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Kallamoutari

Kallamoutari
La réplique du gouverneur de Zinder Mr Kalla Moutari aux magistrats .

Je ne sais pas comment et quand nous nous étions reniés, par une loi, le droit d’exprimer nos sentiments sur les décisions que rendent nos juges !!!
En effet, et cela nous le savons, la loi nous donne le droit d’interjeter appel de tout jugement sauf ceux, très rarissimes, pour lesquelles elle dispose autrement. Nous aurions donc le droit de n’être pas d’accord avec un verdict ; mais alors serait-ce le droit de le crier sur tous les toits qui nous serait dénié ?

Même pas. Mais sachons raison gardée et savoir que nous pourrions être appelés a nous défendre devant un tribunal ou nous serons éventuellement poursuivi pour jet de discrédit sur une décision de justice. Le jour-là, nos preuves devront être irréfutables. Autrement, nous devrions accepter comme une donnée indiscutable que le juge juge à son âme et conscience ; qu’il ne se… trompe toujours que de bonne foi.

Sinon, la loi nous reconnait même le droit de récuser un juge commis pour nous juger. Et le tribunal peut accéder à notre requête dès lors que nous lui produisons des raisons pour lesquelles nous pensons qu’un juge pourrait être partial dans un procès.
L’outrage à magistrat, délit sur un magistrat au travail, aura intérêt à mieux être cerné….

Depuis quand donc les Nigériens auraient-ils renoncé à regarder leur justice avec un œil critique ? A qui auraient-ils confié ce travail indispensable dans toute démocratie, dans toute société libre et saine ?

Depuis quand avions-nous décidé de faire de nos juges des Dieux ? Des gens qui se ne se trompent jamais. Serait-il vrai que nous avions décidé de ne pas douter à haute voix de nos juges ? Que personne ne pourrait douter d’un verdict judiciaire, sauf le juge lui-même, comme juge lorsqu’il ose bien douter de ses propres jugements, ou comme inspecteur lorsque, à l’occasion d’une inspection de routine, il constaterait que ses collègues violent, de bonne foi ou non, les droits de nos concitoyens.

Le SAMAN est-il sincère quand il soutient que nous serions seulement autorisés à faire (silencieusement) appel d’une décision de juge. Aucun citoyen, fut-il le ministre de la Justice, ou même le Président de la République ne saurait apprécier le travail des juges, sauf bien entendu, pour les en féliciter.
Vous l’auriez constaté : une telle posture serait indéfendable. Comment imaginer que le citoyen s’aliène tout droit de regard sur un service public, en l’occurrence une justice qui est normalement dite en son nom ?
Personne ne pourra raisonnablement accepter une telle disposition de la loi, ou même une telle interprétation de la loi.
La preuve ?

Ce sont les magistrats organisés en syndicats (ici simples citoyens et agents), qui se donnent le droit de dire impunément que notre justice est mise au pas par le pouvoir. Oui bien serait-il admissible de dire que les juges sont mis au pas par le pouvoir liberticide actuel, mais inadmissible de dire qu’ils sont achetés ? Même quand on aurait des preuves ? Même quand on est ministre, membre d’un gouvernement ayant accès aux rapports d’inspections judiciaires que seuls le gouvernement commandite et connait. Oui des rapports d’inspection judiciaire que même ces syndicats des magistrats ignorent en principe.

C’est curieux : Il aurait fallu que les syndicats de magistrats demandent les preuves des allégations. Non ils ne voudraient pas les preuves et ne les demanderaient pas. Ils menacent d’envoyer en prison quiconque accuserait leurs collègues d’être ou d’avoir été achetés. Ce serait de l’outrage ! Outrage ! Un crime de lèse-majesté que nos juges pourraient constater non pas seulement lors des échanges dans un tribunal au cours d’un procès, mais aussi dans la rue, dans les maisons privées, dans les bureaux, dans les lieux publics, dans les médias, etc.

Mais n’importe quel mis en cause peut dire, sans conséquence, que les juges sont muselés par le pouvoir. Un grand politicien, actuellement en prison (pas pour cette raison) avait passé pratiquement plus d’une année en train de douter de l’indépendance de notre justice sans que les magistrats syndicalistes ne s’en émeuvent.
Aujourd’hui encore, la Cour Constitutionnelle fait régulièrement objet d’attaques en règle, attaques qui laissent indifférents nos syndicats défenseurs de la « justice ».

Serait-il plus outrageant de s’entendre accusés d’être achetés qu’inféodés au pouvoir politique ? L’assertion d’inféodation au pouvoir serait-elle tolérable pour nos magistrats-syndicalistes parce qu’elles seraient avérées ? Ou parce qu’elles les arrangeraient ? Ou parce qu’elles proviendraient des gens (souvent les politiciens de l’opposition) qui sauraient ce qu’ils disent ?

Pourquoi les magistrats-syndicalistes ne porteraient-ils pas plainte pour que ceux qui les accusent d’être achetés produisent leurs preuves et non plus chercher à les faire taire ? Porter plainte laverait éventuellement la profession (plutôt leurs collègues) de la salissure, châtieraient les coupables auteurs des accusations gratuites, mais aussi préviendraient de toutes futures accusations fantaisistes.

Notre justice gagnerait plus à se laisser interroger par les citoyens libres de bonne foi qu’à se braquer, faisant du juge un Dieu infaillible et intolérant, et à protéger, se faisant, ses brebis galeuses qui mettent en mal l’ordre social, l’unité nationale, la confiance du citoyen dans les institutions.
Notre pays gagnerait à connaitre ce que font certains juges contre les citoyens et contre la justice.
Le juge doit rester le citoyen au service de la nation qu’il est d’abord. Et si par hasard, par erreur, nous l’aurions absous de l’obligation du contrôle, dépêchons-nous de l’y contraindre….

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