Les organisations de la sociéte civile appellent à manifiester le 3 janvier prochain

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Réunies en session extraordinaire les lundi 21 et mercredi 23 décembre 2015 pour examiner la situation socio-politique de notre pays, nous organisations de la société civile et citoyens, conscients de notre responsabilité historique, individuelle et collective de stopper les dérives politiques en cours menaçant l’existence même de la République, la paix et la cohésion sociale, rendons publique la déclaration dont la teneur suit :

En effet, Il vous souviendra qu’à l’occasion des campagnes électorales des élections générales de 2011, la classe politique toute tendance confondue a assuré le peuple nigérien de son repentir et de son engagement résolu à tirer toutes les leçons des crises politiques et institutionnelles antérieures ayant toutes débouchées sur des coups d’états militaires au nombre de trois (3) depuis les premièred élections démocratiques de 1993.

Cet engagement de « Moun-touba- Ir-Barmay» de notre classe politique fut matérialisé par l’adoption d’un pacte républicain qui renforce davantage les valeurs fortes de l’État de droit, de justice sociale, de paix et de prospérité partagée consacrées par la constitution du 25 Novembre 2010.
Pour rappel, dans ledit pacte, les acteurs politiques se sont engagés à :

-vulgariser, de respecter et faire respecter la charte des partis politiques.
– privilégier le débat d’idées et de programme politique, à l’exclusion du recours à toute forme de violence et de propagande fondée sur la haine et les particularismes ethniques;
– bannir toutes les formes de fraude, la corruption et les achats de consciences lors des consultations électorales ;
-assumer leur responsabilité dans la formation civique et politique du citoyen ;
-accepter les décisions de justice après épuisement des recours légaux ;
-promouvoir les idéaux démocratiques et l’alternance politique ;
-être des modèles dans la valorisation de notre culture.

De leur côté, les pouvoirs publics se sont engagés à :
-vulgariser, de respecter et faire respecter, scrupuleusement, la Constitution, les lois et règlements de la République ainsi que les traités et conventions ratifiés par le Niger ;
-bannir le détournement des deniers publics, la corruption et l’enrichissement illicite ;
-bannir les abus de pouvoir, la confusion des pouvoirs, le trafic d’influence, la concussion, la patrimonialisation et la monétisation des charges ;
-privilégier le dialogue constructif et la recherche du consensus avec les forces sociales aussi bien dans le processus décisionnel que dans le règlement des conflits ;
– nous conduire partout et toujours en fidèles serviteurs du peuple

Aujourd’hui, cinq ans après la signature du pacte et à moins de quatre mois de la fin du 1er mandat du régime de la 7e République, les acteurs politiques et les pouvoirs publics en particulier se sont illustrés plus que jamais auparavant dans la culture et la pratique des interdits ci-dessus énumérés et contraires à notre loi fondamentale à savoir : le pouvoir personnel, le régionalisme, l’ethnocentrisme, la discrimination, le népotisme, l’esprit de clan, l’enrichissement illicite, le favoritisme, la corruption, la concussion, le trafic d’influence, et l’indifférence vis-à-vis des souffrances des populations.

A titre illustratif, au moment où le peuple nigérien se prépare à donner son appréciation dans les urnes du comportement de la classe politique après cinq années de patience face aux souffrances endurées par nos populations du fait de politiques publiques totalement aux antipodes de leurs intérêts comme en témoigne la dernière place de notre Pays selon le classement de l’indice de développement humain IDH, les débats d’idées et de programme politique sont abandonnés par les acteurs politiques au profit du recours à la violence et la propagande fondée sur la haine et les particularismes ethniques.

 Ils ont eu cinq ans pour établir un fichier électoral biométrique fiable gage de transparence auquel ils ont renoncé sans dire le pourquoi au peuple et sont aujourd’hui incapables de s’entendre pour un élaborer un fichier électoral consensuel dépourvu de tout soupçon.
Le pire, est que la plupart de ces errements politiques sont développés par ceux-là même qui sont sensés donner l’exemple et chargés d’appliquer la loi.

Non satisfaits de toutes ces manœuvres ayant consisté à affaiblir toutes les structures organisées de veille démocratique à savoir la société civile, la presse, les partis politiques pour asseoir la pensée unique, les tenants du pouvoir de la 7e République développent à présent des velléités divisionistes des institutions les plus sacrées de notre Pays à savoir d’une part, les leaders religieux et la chefferie traditionnelle qu’ils entrainent dans l’arène politiques à fins électoralistes en violation de la loi et d’autre part, l’armée présentée par le président du parti au Pouvoir PNDS, Mr Mohamed Bazoum dans une interview accordée à l’hebdomadaire Jeune Afrique et le Président de la République à l’occasion de son message à la nation à la veille du 57e anniversaire de la proclamation de la République comme une institution composée d’éléments ethnicistes ou opposés à l’équipement en matériel militaire de leurs frères d’armes déployés à Diffa sur le terrain des opérations pour la défense du territoire d’un côté et de militaires non ethnicistes et patriotes de l’autre.

Toutes choses qui portent atteintes à l’unité nationale et au moral de l’armée qui se bat jour et nuit pour à la défense du territoire national objet d’attaques du groupe terroriste Boko- Haram.

Ces comportements dignes d’un régime pharaonique du pouvoir en place se passent dans un contexte où l’opposition politique considérée de par la loi comme une force institutionnelle de contre-pouvoir est restée pendant cinq (5) ans dans une posture où ses intérêts politiques priment sur les intérêts nationaux.

Elle ne s’est manifestée que lorsque ses propres intérêts ont été menacés et a manqué de jouer son rôle historique de contrepouvoir dans l’adoption et la mise en œuvre de plusieurs mesures légales, réglementaires et autres actes qui sont contreproductifs comme l’augmentation du nombre de députés à l’assemblée nationale passé de 113 à 171 députés ; l’aliénation de la souveraineté nationale illustrée par l’implantation des bases militaires étrangères sans aucune forme de procédure légale et la compromission des intérêts nationaux en matière d’exploitation des ressources naturelles notamment la signature de conventions violant la loi avec Areva et la mise en concession du magasin sous douane au profit du groupe français Boloré; la gestion de l’épidémie de la méningite et les interminables grèves des médecins spécialistes ; la situation alimentaire récurrente ; le déplacement forcé des populations de la région de Diffa, la déliquescence du système éducatif, le manque d’emploi et le désœuvrement des jeunes l’expulsion comme des malpropres des nigériens résidant en Algérie ;etc.

Comme vous le constatez, le tableau sombre ci-dessus traduisant l’échec de toute la classe politique ainsi que l’étouffement de toutes les voies démocratiques comme la liberté de manifestation, d’expression, d’opinion et même de différence systématiquement bafoués par le régime en place dont le ministre de l’Intérieur considère la force publique comme son bien personnel qu’elle utilise pour matraquer et affaiblir la presse indépendante, la société civile et les opposants politiques, ouvrent naturellement le recours, sans le justifier, à des voies non démocratiques.

Au regard de tout ce qui précède, les organisations de la société civile et citoyens adhérents à la présente déclaration :
-S’opposent à tout recours aux moyens illégaux de remise en cause, de conquête et de conservation du pouvoir ;
-Demande toute la lumière sur la tentative de coup d’état et exige le respect des droits à la défense des présumés coupables ;
-Condamnent les propos divisionnistes et attentatoires à l’unité nationale et au moral de l’armée du Président de la République et du Président du PNDS et leurs demandent de présenter leurs excuses à la nation ;
-Exige de la classe politique le recours au dialogue politique en vue de l’adoption d’un fichier électoral consensuel indispensable à l’organisation d’élections apaisées, libres transparentes, inclusives et honnêtes auxquels nous restons fortement attachés.

-Rappelle que l’organisation d’élection sur une base non consensuelle entraine la destruction du pays. Toutes choses que nous refusons.
– Demande au bureau de la CENI que nous félicitons pour sa décision courageuse et salutaire de faire auditer le fichier électoral par un organe indépendant, de respecter son serment et de mettre en œuvre toutes les recommandations des résultats de l’audit pour que la démocratie et le peuple nigérien sortent grandi des élections générales de 2016 ;

-Apporte son soutien au Syndicat Autonome des Magistrats du Niger (SAMAN) dans son engagement à se battre pour une justice libre et indépendante et toutes les autres structures qui se battent pour l’amélioration des conditions de vie des Nigériens;

– Lance un appel à tous les citoyens et toutes les forces vives à une résistance citoyenne pour la démocratie et la survie de la République et de prendre part à la manifestation citoyenne qui sera organisée le dimanche 3 Janvier 2015 sur l’ensemble du territoire national et à l’étranger.

 

Déclaration de presse des Osc au Niger
Vendredi 25 décembre 2015
DÉCLARATION DE PRESSE

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