Fonds armements : le Niger impuissant face à la corruption ?

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Le Niger un Etat impuissant face à la corruption, c’est le constat qui semble s’imposer au regard de la situation qui prévaut ces derniers temps et devant son inaction dans ce qu’on pourrait qualifier de scandale à grande échelle dans la gestion du ministère de la défense.

Faisant face depuis 2015 à des attaques meurtrières sur ses différentes frontières notamment au Sud et en particulier dans la région de Diffa frontalière avec le nord du Nigeria où sévit boko haram et à l’ouest dans la région de Tillaberi frontalière elle du nord du Mali où des factions armées aux velléités séparatistes, le Niger est à la recherche des moyens financiers conséquents pour endiguer l’insécurité.

En effet, après une série d’attaques dont entre autres celle du 25 décembre 2019  qui  avait fait 14 militaires tués  dans la commune de Sanam, également dans la région de Tillabéri   celle  survenue un mois après celle d’Inatès, le 10 décembre 2019, dans la même région de Tillabéri, qui avait coûté la vie à 71 soldats et celle du 9 janvier à Chinagoder, qui a fait officiellement 89 morts, et pendant que le pays déploie ses efforts  au sein du G5 Sahel  pour trouver des fonds voilà qu’on découvre que les fonds destinés à l’achat des armes  par le ministère de la défense nationale ont été détournés à travers des surfacturations, des armes non-livrées ou de mauvaise qualité.

Ce expliquerait selon de nombreux analystes les lourdes pertes dans les rangs de l’armée.

En lieu et place des poursuites judiciaires, le gouvernement opte pour le remboursement des milliards de francs CFA pillés avec la complicité de certaines autorités en charge du ministère de la défense.

Réagissant à ce fait inédit , l’opposition qui dénonce régulièrement l’injustice et la politique de deux poids  , deux mesures,  la fabrication des «  détenus » sur la base des faux dossiers dit tenir « le Chef de l’Etat, Chef suprême des armées, pour seul et unique responsable de la tragédie que vivent nos FDS et le peuple nigérien, tout  exigeant la transmission sans délai du rapport d’inspection aux juridictions compétentes et promet  de veiller sur le traitement de ce dossier par un gouvernement passé maître dans l’injustice et le traitement sélectif.

 La Commission nationale des Droits de l’Homme a interpellé le pouvoir de revenir sur sa position pour donner une suite judiciaire à l’audit.

Quant au Syndicat autonome des magistrats du Niger (SAMAN), il s’est offusqué contre la violation des principes de séparation des pouvoirs, d’égalité des citoyens devant la loi et d’indépendance de la justice, lesquels principes constituent pourtant le socle de l’Etat de droit et de la démocratie.

Le président de la République va-t-il transmettre les noms des ministres incriminés dans l’audit  à l’Assemblée pour la levée de leur immunité ou va-t-il  laisser le pays s’effondrer  devant la corruption et ouvrir la voie à d’autres détournements ? wait and see !

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