Scandale du ministère de la Défense nationale : Les résultats pourraient être encore plus monstrueux que les chiffres connus

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Jusqu’ici S’achemine-t-on vers un effet boomerang ? Rien n’est moins sûr.

Le scandale du ministère de la Défense nationale n’a pas visiblement fini de faire parler. Les arrangements imposés par l’ancien président pour étouffer cette affaire qui explique, dans bien des cas, la déconfiture des Forces de défense et de sécurité et des centaines de morts enregistrées dans leurs rangs, semblent sauter comme des fusibles non adaptés.

Les Nigériens n’arrêtent pas de rêver et de militer pour un procès digne du nom des auteurs, co-auteurs et complices de ce scandale qui dépasse largement les limites d’un simple détournement de fonds publics. Il s’agit tout de même d’une question de défense et de souveraineté dans laquelle des individus ont soutiré des caisses de l’Etat des milliards pour fournir à l’armée, en guerre contre le terrorisme, des armes et des munitions défectueuses lorsqu’il ne s’agit pas encore de fausses factures ne reposant sur aucune commande réelle.

Le Président Bazoum Mohamed, qui a déclaré et réitéré à maintes reprises sa détermination à livrer une lutte sans merci à la corruption et aux infractions assimilées, a récemment réaffirmé sa résolution à mener cette guerre sans faiblesse contre des individus qui ont mis le Niger sous coupe réglée et disposer à volonté de ses ressources.

Selon notre confrère Le Monde d’Aujourd’hui, de 2013 à 2019, ce sont plus de 1700 milliards qui ont été investis dans cette croisade contre les bandes armées non identifiées.

Au ministère de la Défense nationale, alors que le Niger est en guerre contre des forces armées non identifiées qui massacrent, saccagent et incendient sans limites, de grands commis de l’Etat et des officiers de l’armée ont mis en place des stratagèmes pour s’enrichir en faisant de la commande des armements et autres matériels un business. Selon notre confrère Le Monde d’Aujourd’hui, de 2013 à 2019, ce sont plus de 1700 milliards qui ont été investis dans cette croisade contre les bandes armées non identifiées. Ce calcul, rapporte le confrère, a été obtenu sur la base des budgets de l’Etat au cours de la période indiquée et le pourcentage moyen (15%) régulièrement déclaré affecté à la rubrique défense- sécurité par les autorités de tutelle. Tantôt, on parle de 10% du budget total, tantôt de 20% ou encore 19%. Un montant faramineux qui a servi plus à enrichir des individus véreux qu’à constituer des moyens de défense pour le Niger. L’acte, en soi, est une haute trahison passible de la peine de mort.

L’affaire Ibou Karadjé concerne des personnalités que Issoufou Mahamadou a placées au-dessus de la justice

L’arrivée de Bazoum Mohamed au pouvoir serait-elle en fin de compte une chance pour le Niger ? La lutte contre la corruption, son cheval de bataille, est en train de prendre son envol. Elle a pris ses racines au coeur du système mafieux qui a étranglé le Niger. L’affaire Ibou Karadjé, puisqu’elle a pour épicentre la présidence de la République, est un dossier lourd qui concerne des personnalités que son prédécesseur, Issoufou Mahamadou a placées au-dessus de la justice. Même prises en flagrant délit de délits et/ou crimes, ces personnalités protégées contre la justice, et dans certains cas, promues à de plus hautes responsabilités publiques.

Récemment, Bazoum Mohamed a déclaré, sur les antennes de la radio BBC, que tous ceux qui ont trempé dans ce scandale du ministère de la Défense nationale seront impérativement poursuivis

par la justice. C’est à un combat de titans que se livre le Président Bazoum. Les concernés par ces scandales répétitifs seraient en train d’aiguiser leurs couteaux. L’affaire dite Ibou Karadjé, tout comme celle du ministère de la Défense nationale est un dossier qui va au-delà des visages et noms déjà reconnus impliqués dans cette affaire.

Selon un proche collaborateur de Bazoum Mohamed, le président de la République n’a pas d’autre choix que contraindre les auteurs des malversations commises à rendre au Niger ce qu’ils ont pris et à répondre de leurs actes devant la justice.

Il l’a non seulement promis fermement à ses compatriotes, mais les caisses de l’Etat sont également vides. Il lui faut trouver de l’argent. Où le prendre sinon des mains de ceux qui ont dépouillé l’Etat. Récemment, il a déclaré, sur les antennes de la radio BBC, que tous ceux qui ont trempé dans ce scandale du ministère de la Défense nationale seront impérativement poursuivis par la justice. Le propos du Président Bazoum a un fondement. Selon des confidences dignes de foi, les résultats en cours de l’enquête sur les fonds de l’armée détournés pourraient être plus monstrueux que tout ce qui a été publié et/ou dit sur les évasions financières perpétrées. L’enquête, dit-on, est presque bouclée et des têtes couronnées seront décapitées.

Les chiffres découverts, selon une source proche du dossier, seraient évalués à des centaines de milliards de francs CFA.

Le réchauffement du dossier dit du ministère de la Défense nationale se justifie à plus d’un titre. Les chiffres découverts, selon une source proche du dossier, seraient évalués à des centaines de milliards de francs CFA.

Très loin de ce que l’audit a révélé et qu’un comité dirigé par l’actuel Premier ministre a revu à la baisse. Ce dossier, et par-delà la lutte contre les bandes armées non identifiées serait la principale pomme de discorde entre le président Bazoum et Issoufou Mahamadou qui entend être une sorte de régent qui ne dit pas son nom.

Quoi qu’il en soit, l’ancien président de la République n’offre pas mille solutions à son successeur que d’éplucher les dossiers sales. Le Niger est si asphyxié financièrement que l’Etat fonctionne sur des prêts interminables qui compliquent davantage la situation financière de l’Etat et annihilent toute possibilité d’investissement. Pour le moment, le recours presque systématique à des emprunts obligataires et autres levées de fonds sur le marché financier régional va durer jusqu’à quand ?

Déjà, de nombreux prêts contractés par Issoufou et dont on s’interroge sur l’usage réel des fonds obtenus sont arrivés à échéance, restreignant considérablement les capacités d’action de l’Etat.

Doudou Amadou

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