Restitution des résultats de l’étude ECOVAN pour améliorer le dépistage du Covid-19 dans les structures de santé au Niger.

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Le projet ECOVAN est un projet de recherche opérationnelle mis en œuvre par Solthis, en partenariat avec le ministère de la Santé Publique de la Population et des Affaires Sociales du Niger et le Centre de Recherche Médicale et Sanitaire (CERMES) avec l’appui financier de FIND (Foundation for Innovative New Diagnostics).

 De novembre 2021 à fin avril 2022, l’étude a permis d’évaluer l’utilisation des tests antigéniques de diagnostic rapide du Covid[1]19 au niveau de 8 structures de santé dans les régions de Niamey et de Dosso.

Le projet était basé sur une consultation médicale de triage pour la recherche systématique de symptômes cliniques du Covid[1]19 chez les patientes consultantes, suivie par la réalisation d’un test antigénique de dépistage rapide pour toutes les patientes suspectes de Covid-19.

L’étude ECOVAN visait ainsi à évaluer l’opérationnalité de cette stratégie et à fournir des données probantes aux autorités de santé pour adapter le plan national de riposte contre la pandémie de Covid-19. Quel bilan dresser de cette étude ?

 Avant cette étude, le diagnostic du Covid-19 reposait sur le test PCR, disponible uniquement au niveau du CERMES à Niamey initialement, puis dans quelques laboratoires aux niveaux des régions.

La majorité des tests PCR étaient réalisés pour des motifs de voyage. Le test antigénique, introduit plus récemment, n’était utilisé également que pour les voyageurs, sur demande ou aux frontières.

Ainsi, peu de personnes suspectes de Covid-19 étaient identifiées dans les établissements de santé.

 La mise en place d’un dispositif de triage à l’aide d’une application informatique sur tablette paramétrées à cet effet et de tests antigéniques rapides au niveau des structures de santé a permis une forte augmentation du diagnostic du Covid-19, démontrant ainsi une stratégie de dépistage rapide, efficace et plus adaptée que la PCR à tous les niveaux de la pyramide sanitaire, notamment au niveau des centres de santé qui n’en n’avaient jamais diagnostiqués auparavant.

 Ainsi, l’étude ECOVAN a permis de documenter l’importance de l’épidémie de Covid-19 dans la communauté.

Près de 19% des personnes qui ont consulté dans les 8 établissements de santé appuyés pendant la durée de l’étude avaient des signes compatibles avec le Covid-19 et 6% d’entre elles avaient un test rapide positif.

En plus d’être faciles à utiliser et d’être bien acceptés par les soignantes et les patientes, les tests rapides ont rendu la prise en charge des patientes beaucoup plus rapide, en réduisant drastiquement les temps d’attente des résultats.

 Comme le souligne Dr Diakité Oumarou, chef du projet ECOVAN, « Avec le test antigénique le résultat est obtenu au bout de 15 minutes alors que pour la PCR l’attente est d’au moins 24 heures toute chose pouvant impacter sur le délai de prise en charge si le test se révèle positif ».

Ce dispositif a également permis une meilleure gestion de la maladie pour les soignants, et de dédramatiser le Covid-19 dans les centres : « Avant, on hésitait, parce que ça générait des complications : tu t’exposais au temps d’attente, au mécontentement des patients impatients.

L’attente était insupportable pour le patient et pour le soignant, on tendait à rassurer ‘non ce n’est sûrement pas le Covid’. On minimisait, on pensait à autre chose.

Maintenant c’est l’inverse » explique un soignant formé dans le cadre de l’étude. Cependant, malgré l’intérêt évident de l’utilisation des tests rapides pour le diagnostic du Covid-19, le dépistage systématique du Covid-19 (triage) pose des enjeux cruciaux en termes de charge de travail pour les soignantes, ce qui rend difficile l’opérationnalisation de cette stratégie dans les formations sanitaires.

Ces résultats incitent à rendre disponibles les tests antigéniques prioritairement dans les hôpitaux où les formes les plus graves de Covid-19 sont vues, et plus largement pour le diagnostic chez les personnes les plus à risques de formes graves de Covid-19, celles âgées de plus de 65 ans ou qui ont des comorbidités, comme le diabète. En effet, si le Covid-19 est une pathologie fréquente au Niger, elle reste le plus souvent peu grave, sauf pour ces personnes à risque.

Cependant compte tenu du risque vital pour ces personnes, faciliter le diagnostic de la maladie ne suffit pas mais elles doivent bénéficier d’un accès prioritaire à la vaccination, qui permet de réduire la mortalité de 90%.

 Les résultats tirés de cette étude permettront d’informer le ministère de la Santé Publique de la Population et des Affaires Sociales de l’efficacité de cette stratégie de diagnostic du Covid-19 par des tests rapides, pour envisager sa décentralisation dans d’autres structures. Dans cette perspective, plus de quatre-vingts (80) agents de santé des structures sanitaires de Niamey et Dosso ont été formés pour faciliter la mise à l’échelle de cette stratégie.

Vue d’une patiente soumise au test (photo à gauche) de dépistage après la consultation médicale de triage assistée par une application d’aide à la décision sur tablette (photo à gauche) au CSI Talladjé de Niamey.

Pour en savoir plus sur le projet ECOVAN, retrouvez à travers les liens le film tourné sur le projet contenant des entretiens et interview et les photos illustrant les actions sur le terrain.

 Contacts : Dr Diakité Oumarou, Coordinateur du projet ECOVAN : + 227 91 59 59 98 Dr Roubanatou Abdoulaye Mamadou, Directrice Pays de Solthis Niger : + 00 227 20 37 07 9

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