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Agriculture :  »Au 10 juin 2018, 5.725 villages agricoles ont effectué des semis effectifs de mil et de sorgho »

Monsieur le Directeur Général Dr Garba Yahaya, cette année, la campagne agricole a débuté précocement dans plusieurs localités de notre pays. De façon globale, comment se présente la situation de cette campagne ?
Les premières pluies utiles ont été enregistrées au cours de la deuxième décade de mai dans plusieurs localités du pays; ces précipitations ont permis le démarrage des semis partiels de mil dans les régions de Dosso, Maradi, Tahoua, Tillabéry et Zinder.

Au 10 juin 2018, 5.725 villages agricoles ont effectué des semis effectifs de mil et de sorgho soit 46 % des 12.464 villages agricoles. Ce taux est équivalent à celui de l’année passée à la même période. Le stade de développement du mil et du sorgho reste largement dominé par la levée, néanmoins le stade de levée avancée est observé pour le mil au niveau de certaines localités des régions de Dosso, Maradi, Tahoua, Tillabéry et Zinder.

Par rapport à la situation phytosanitaire aucune menace majeure n’a été signalée sur les cultures. Cependant, des attaques de rongeurs de faible ampleur ont été signalées sur le niébé à la levée à Golom et Hardo Salé dans le département de Gazaoua.

Les mesures de contrôle sont d’ores et déjà prises. Des poches de sécheresse observées ont entrainé des pertes de semis au niveau de 15 villages de Maradi, 22 villages de la commune de Kalfou (région de Tahoua) et 18 villages du département de Doungass (région de Zinder). Ailleurs, ce sont les vents chauds qui ralentissent la croissance des jeunes plants.

De façon globale, la campagne se déroule normalement sur toute la zone agricole du Niger. Sur la base des prévisions saisonnières des services spécialisés en la matière, la campagne d’hivernage 2018-2019 s’annonce sous des bons auspices car les cumuls pluviométriques seront excédentaires à normaux sur les régions de Tillabéry, Niamey, Dosso, Tahoua et Maradi et normaux a excédentaires sur les régions de Zinder et Diffa.

Tout laisse aussi à croire que la saison va débuter normalement dans la zone agricole.
Les péripéties de début de campagne avec des poches de sécheresse pourraient être enregistrées à une échelle peu importante.

La fin de la saison sera tardive dans toute la bande agricole et des dates de début de saison en majorité équivalentes à la normale sont prévues dans la zone agricole. Des séquences sèches de durées longues à normales pourraient être observées en début de saison.
Les services de la météorologie nationale prévoient, en cette année 2018, des fortes précipitations qui engendreront des

inondations par endroits. Quels impacts peuvent-elles avoir sur les cultures et peut-être même sur l’élevage?
Des fortes précipitations qui engendreront par endroits des inondations peuvent, en effet, provoquer des pertes importantes de productions végétales et animales. Pour pallier les déficits de productions végétales induits par les inondations, l’Etat apportera un appui en boutures de manioc aux producteurs et appuiera fortement l’intensification des cultures irriguées pour résorber les déficits de productions éventuelles.

La période de la campagne agricole est un moment très important dans la vie des paysans, car elle constitue un temps pendant lequel ils cherchent à la sueur de leur front la subsistance annuelle.

Qu’est-ce qui a été mis en place par l’Etat notamment en termes de matériels agricoles pour accompagner nos braves paysans ?
Pour une bonne réussite de la campagne agropastorale 2018, des dispositions ont été prises dont : la mise en place des semences de variétés améliorées. A cet effet, 7.585 tonnes de semences toutes espèces confondues sont en cours de placement au niveau des départements et communes.

A cela s’ajoute la mise en place de 22.469 tonnes d’engrais sur un besoin exprimé de 50.000 tonnes ; le gap qui est donc de 27.531 tonnes est en cours de mobilisation. Il y a aussi, la mise en place de 23.322 litres de produits phytosanitaires au niveau des régions pour traiter 23.742 ha, la mobilisation de 230.000 autres litres est en cours. En plus, citons aussi, la mise en place de 1.200 UCA ; de 100 tracteurs et la mise en état et le renforcement de la logistique, ainsi que le recrutement en cours des agents de vulgarisation de base en charge de l’encadrement des producteurs.

Par ailleurs, d’autres mesures d’accompagnement sont également prises et en train d’être mises en œuvre dont, entre autres, la vente à prix modéré de céréales, des aliments bétail, etc.
On sait que dans certaines régions du pays, la campagne agricole est un moment de conflits récurrents entre agriculteurs et entre agriculteurs et éleveurs. Quelles sont les dispositions prises à l’échelle nationale pour minimiser les risques éventuels ?
En effet, les conflits entre agriculteurs et éleveurs sont récurrents au Niger. L’Etat a toujours accordé une attention particulière à cette question, surtout en cette période où la campagne agricole s’installe progressivement sur toute l’étendue du territoire national.

Ainsi, des mécanismes de prévention et de gestion de conflits entre agriculteurs et entre agriculteurs et éleveurs existent et le Code rural qui régit ces conflits travaille autant que faire se peut pour atténuer voir même mettre fin à ces conflits. Une campagne de sensibilisation est entreprise au niveau des régions pour prévenir les conflits, éviter l’occupation des couloirs de passage clairement balisés dans toutes les régions et les aires de pâturage mais aussi les champs pièges.

Les voies de recours à suivre en cas de conflits sont vulgarisées par les commissions foncières (COFO) au niveau des localités (car ces acteurs en conflits ne doivent pas se faire justice). Notons enfin que les réhabilitations des couloirs de passage, des aires de pâturage, des points d’eau pastoraux sont en cours avec l’appui de l’Etat et de ses partenaires au développement.

Réalisée par Mahamadou Diallo ONEP

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