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Les dirigeants de la CEDEAO se devraient de tirer les leçons de l’histoire. 

Les chefs d’Etat de la CEDEAO viennent de porter à la tête du sommet statutaire de l’organisation ouest-africaine, qui s’est tenu du 8 au 9  juillet 2023 en Guinée Biseau , le tout nouveau président  de la fédération du Nigéria, fraîchement élu,  Bola Ahmed Tinubu.  Il ressort de sa première déclaration , « qu’ils ne feront aucune concession aux militaires putschistes de l’Afrique de l’Ouest » . Une déclaration va-t-en guerre contre les militaires  ouest-africains , au moment où les terroristes, les bandits armés et les narcotrafiquants, sèment la terreur sur le continent africain , les principes et les  règles de la CEDEAO sur, la circulation des biens, des services, des personnes et de l’intégration économique des États , sont violés par  certains Etats membres,  notamment le géant économique de l’Afrique de l’Ouest, le Nigéria, sous prétexte de protéger son économie . 

Le ridicule ne tue pas en Afrique !

C’est devenu récurrent, à chaque sommet de la CEDEAO, la déclaration qui revient à la une de la presse internationale proche des pays européens ,  c’est la condamnation des changements anticonstitutionels des pouvoirs en Afrique, l’obsession est toujours portée sur les coups d’Etat militaires, en réalité il s’agit  des coups d’Etat non tolérés ou non  contrôlés  par certaines puissances excolonisatrices. 

On  oublie le plus souvent , les braquages des urnes, les  fraudes électorales , les bourrages frauduleux des urnes, l’achat des consciences, les modifications des constitutions pour se maintenir au pouvoir, constituent aussi des procédés anticonstitutionels très condamnables , pour  parvenir et se maintenir au pouvoir. 

Le sommet de la CEDEAO aurait dû se pencher minutieusement sur les vraies causes de  coups d’Etat en Afrique, en vue de bien identifier les goulots d’étranglements pour  trouver des solutions idoines.  

La limitation des mandats présidentiels, au lieu de consolider la démocratie, constitue  un autre goulot d’étranglement en Afrique de l’Ouest. En effet, des ruses sont utilisées pour contourner habilement les obstacles juridiques,  en vue de prétendre au 3ème mandat,  d’où les crises sociopolitiques, sources des coups  d’Etat en Afrique. 

La solution qui consiste à opposer une force de la CEDEAO  aux forces armées nationales des pays membres , serait très périlleuse. En effet, les militaires sont une composante des peuples souverains ,  ils ne peuvent pas être indifférents aux souffrances des peuples, vice-versa,  tant qu’il aura de l’injustice sociale, des  détournements des ressources publiques, le non respect des libertés démocratiques, il y aura toujours des coups d’Etat militaires en Afrique, car les militaires issus des  peuples , représentent les seules forces organisées qui peuvent faire face aux dictatures civiles, pour preuve ,la majorité des chefs d’Etat de la CEDEAO sont arrivés au pouvoirs suite aux élections générales démocratiques organisées par les militaires putschistes.  Sans les interventions militaires dans les crises sociopolitiques, beaucoup des chefs d’Etat de la CEDEAO ne seraient pas au pouvoir, d’où la nécessité et l’objectivité de bien  nuancer certaines prises de positions . 

La libre circulation, des biens, des services, des personnes,  l’intégration , économique  et monétaire , ne peuvent être des  réalités en Afrique de l’Ouest tant que , d ‘une part,  la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest, ( la CEDEAO), continuera à tendre la  main à l’Union Européenne et aux autres puissances mondiales , pour financer son budget de  fonctionnement  et d’autre part,  certains dirigeants de la CEDEAO se laisseraient téléguider ou manipuler  par certaines puissances excolonisatrices qui n’ont  plus la  connaissance des réalités socio-économiques et culturelles des pays africains. 

Les puissances mondiales excolonisatrices et autres, ne voudront jamais d’une CEDEAO des peuples, une CEDEAO de Monnaie commune unique au taux de change flottant, une CEDEAO d’intégration économique des États africains  mais sont prêtes à financer une CEDEAO des  conflits fratricides pour mieux piller les richesses africaines. 

  L’ Union Européenne et certains pays occidentaux,  ne donneront jamais les moyens nécessaires pour faire face efficacement à l’insécurité et ne conseilleront  jamais à la CEDEAO des bonnes  décisions contre , les terroristes, les bandits armés et les narcotrafiquants . 

Le  Niger , le Mali et le Burkina Faso, ont été accusés à un certain moment , de crimes de guerre contre les civils  par certaines ONG proches des grandes puissances mondiales excolonisatrices, parce que les forces armées des dits pays avaient eu les dessus sur les forces du mal, soutenues par certaines puissances excolonisatrices. 

L’objectif  de certaines puissances mondiales, est de maintenir les pays africains dans le sous-développement , pour mieux les maîtriser et pouvoir survivre. 

Nos dirigeants africains se devraient de ne pas perdre de vue  ces stratagèmes européens et  occidentaux. 

L ‘ Afrique doit changer de fusils d’épaule au lieu de continuer à réciter la même chanson irréaliste pour plaire aux autres. 

Ça ne sert à rien de prendre des décisions difficiles à appliquer, le monde est aujourd’hui multipolaire, la CEDEAO doit en  tenir compte dans ses différentes résolutions et déclarations . 

La porte des BRICS serait  largement ouverte aux, Mali, à la Guinée Conakry et Burkina Faso, la CEDEAO n’aurait pas les moyens d’empêcher les pays de BRICS de soutenir  et protéger ces pays qu’on déteste à cause de leurs relations économiques et coopérations militaires avec la Fédération de la Russie.

Attention  donc, aux sanctions à double tranchant. 

La CEDEAO doit chercher à résoudre les problèmes à l’amiable, qui seraient les  causes réelles et inévitables des coups d’Etat militaires en Afrique,  au lieu  de s’adonner à des déclarations récurrentes tapageuses , contreproductives, car les grandes puissances mondiales l’empêcheraient toujours de disposer des moyens nécessaires à la mise en œuvre de sa politique communautaire . 

Certes, les puissances mondiales excolonisatrices ne pourraient plus organiser des coups d’Etat comme dans les années 1970/ 1980 , pour protéger  leurs intérêts , car avec la jeune génération montante des officiers africains ce n’est  plus facilement possible, car la jeune génération montante ne supporte plus la pesanteur de l’égoïsme, elle est trop regardante sur l’intérêt supérieur des  peuples souverains . C’est pourquoi en

cas de désordre social , les jeunes officiers, intellectuels, conscients de leurs missions, n’hésiteraient plus à arbriter en faveur des peuples souverains . 

Cette obsession d’opposer les pouvoirs civils aux militaires, est due au fait que les militaires n’accepteraient plus à faire les salles boulots. 

Les puissances mondiales ex-colonisatrices se retourneraient donc vers les civils plus faciles à manipuler. 

Cependant,  c’est encore une erreur d’appréciation des situations sociopolitiques africaines , en effet,  parmi les civils , ils existeraient également des grands nationalistes, des patriotes convaincus à la cause des peuples souverains , qui ne se laisseraient pas faire . 

La CEDEAO a intérêt à rester proche des intérêts des peuples que de défendre les intérêts extérieurs au continent africain, l’histoire nous a toujours montré  que tous les dirigeants qui s’ecartent des intérêts des peuples souverains , finiront toujours 

par périr. Les exemples, de Mobutu , rois du Zaïre, de Jean Bodel Bokassa empereur de la Centrafrique , Blaise Compaoré, président du  Burkina Faso, assassin du patriote, Thomas Sankara, pour ne citer que cela, illustrent bien cette triste réalité. 

L’ Afrique doit s’unir ou périr ! 

À bon entendeur salut  ! 

Issoufou BOUBACAR KADO MAGAGI.

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