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Niamey : Des grandes enseignes en déprime, des petites unités alimentaires font bonne mine

Des unités   industrielles de conditionnement et de transformation des produits de consommation courante font florès à Niamey alors que des grandes enseignes, symboles de l’industrie nigérienne dans des branches telles que le textile, la brasserie ou la savonnerie ont fermé l’une après l’autre, plongeant le secteur dans la morosité.

Malgré cet environnement de déprime, certains segments industriels  connaissent une certaine embellie comme celui de production et de conditionnement de l’eau minérale à côté des opérateurs d’eau filtrée.

On ne compte plus dans la capitale, ces ‘’usines’’, en réalité   des ensacheuses d’eau installées dans des concessions et dans les habitations. Au quotidien, les sachets d’eau sont ventilés et vendus aux quatre coins de la ville et le même aux alentours. Les promoteurs, les détaillants semblent trouver leur compte. Le paquet de 20 sachets cédé à 125 F à la source, il est revendu à son double auprès des détaillants.

L’activité étend ses tentacules au point qu’il est difficile de dénombrer les acteurs et les enseignes ou certifier la qualité de la boisson.

Dans cette filière eau, on dénombre, pas moins, d’une demi-douzaine de sociétés de production d’eau minérale qui ont pignon sur la rue.  C’est le cas de Dallol  produite à son usine située à 107 km de Niamey dans la zone de Balayera, plus précisément à Tabala (Nord de Niamey, zone des vallées).

Les activités d’exploitation ont débuté en juin 2013, selon  le Directeur d’exploitation de l’Eau Minérale Dallol,  Faical Yacouba.

Le liquide est extrait à Tabala à partir d’un forage de 83 mètre de profondeur et la nappe est très bien et le forage à un bon débit de production, assure le responsable de la société. La boisson ainsi produite et traitée est acheminée à l’usine de Niamey où près de 80 agents, y compris des non permanents, y travaillent.

‘’Nous avons des machines de remplissage, d’embouteillage certifiés en conformité par les autorités compétentes en terme de respect de l’environnement’’, fait-il savoir.

‘’Nos produits ont un certificat ISO 22.000 qui atteste que nous travaillons dans les normes internationales de production d’eau minérale naturelle’’, précise-t-il, notant que la démarche est de satisfaire la clientèle en lui apportant un produit sain.

Ces entreprises qui créent des emplois et contribuent à la collecte des impôts sont en butte contre un environnement qu’elles jugent très difficile.

On trouve diverses qualités d’eaux minérales introduites sur le marché par fraude dont la plupart on ne connait même pas l’origine et le risque qu’elles présentent pour les consommateurs, déplore-t-on.

Dans la sous branche boisson gazeuse, la société ORIBA  est l’une des enseignes en vue sur le marché national, spécialisée  dans la production et la distribution des boissons gazeuses avec 13 gammes de produits, selon Boukary Abdoul Wahab, Responsable, qualité, sécurité et environnement.

 Créée en 2007,  les activités de l’usine ont démarré le 23 mars 2008 avec un capital de 100 millions de Franc CFA, indique-t-on.

La société assure quelque 400 emplois permanents et indirects. Et bien plus en terme fiscal et social.

«Avec notre engagement sociétal et environnemental, la société ORIBA aide plus le souvent les populations vulnérables, surtout dans les cas des inondations ORIBA fait des dons pour les populations pour subvenir à leurs besoins », fait savoir le responsable de l’entreprise.

Le véritable problème pour la société est la concurrence déloyale avec les produits de fraude sans contrôle, présentant un manque à gagner économique, sans compter les risques sanitaires, se désole-t-on.

Une autre activité industrielle qui a le vent en poupe au Niger, un pays d’élevage, est celle  de transformation et de conditionnement des produits laitiers.

La Société du Lait du Niger dénommée SOLANI/SA est la pionnière dans le domaine.

 «C’est une société qui date des années 1960, et c’était auparavant une société d’Etat, Office du Lait du Niger OLANI, et cette société est née suite à un certain nombre de problèmes nutritionnels et après y’a eu une petite difficulté suite aux sécheresses qui a décimé une bonne partie du cheptel et les produits se faisaient rares », rappelle le Directeur d’exploitation de SOLANI, Gambo Ali.

« Et sur initiative de l’UNICEF et de l’Etat Nigérien, ils ont ensemble créé une structure de transformation du lait à partir du lait en poudre parce qu’en ce temps le lait cru n’est pas beaucoup disponible et l’UNICEF avait fourni les matériels sur un montant de 55 millions  FCFA et l’Etat a offert le bâtiment et les personnels, et ils ont créé une société qui a permis, à son temps, de produire et de transformer le lait », relate-t-il.

Dans le cadre de processus de privatisation, il a été créé  la société du Lait du Niger dénommée SOLANI/SA en mai 1998 suite à la privatisation de l’OLANI (Office du Lait du Niger).

 « La société SOLANI/SA a pour vocation la collecte du lait cru, la transformation, la distribution et la commercialisation du lait et des produits laitiers ».

Elle s’approvisionne au niveau des centres de collecte de Hamdallye ; de kollo et des collecteurs indépendants. En certaines périodes, le lait n’est pas disponible  et le lait en poudre est  importé au niveau de l’Europe, fait savoir le directeur d’exploitation de la laiterie.

En dépit des mesures incitatives dans le cadre d’amélioration du climat des affaires, les initiatives entrepreneuriales buttent contre la fraude, le poids fiscal, l’informalisation, les coûts de l’énergie  ou du transport, etc.

 AAM-CA/ANP 0129 juillet 2021

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