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Niger : les Oulémas s’insurgent contre les propensions anti islamiques du régime

« Vous êtes la meilleure communauté qu’on ait fait surgir pour les hommes, vous ordonnez le convenable, interdisez le blâmable et croyez à Allah. » Sourate 3, Verset 110.
Infantilisation ou provocation ? Intimidation ou chantage ? Violation de l’ordre constitutionnel ou négation de l’ordre d’Allah? Irresponsabilité ou insouciance ?

 

Voici des interrogations que se posent beaucoup de nos compatriotes musulmans soucieux de leur identité islamique dans cette ère de la démocratie marquée par les sceaux de la 7ème République.
Notre pays, le Niger, a voté sa constitution qui stipule en son article 30 et je cite « Toute personne a droit à la liberté de pensée, d’opinion, d’expression, de conscience, de religion et de culte.» Fin de citation,

Comment comprendre mes chers frères et sœurs dans un tel contexte d’un pays à 99% musulman où la clé du suffrage universel réside dans les mains de cette majorité ?

Comment comprendre qu’un Prédicateur musulman, Imam de mosquée de vendredi, citoyen jouissant de ses droits, dans sa mission d’appeler à ordonner le bien et interdire le blâmable, fasse l’objet de harcèlement, d’intimidation, de garde à vue à la police judiciaire, de transfert à la police anti-terroriste et enfin d’accusation sans preuve aucune d’appartenir à une organisation de terroriste ?

Les oulémas prédicateurs n’ont jamais cessé d’appeler à la paix, à la sécurité, à l’unité nationale et surtout à la parfaite compréhension de l’islam.
La paix à laquelle aspirent les dirigeants reste et demeure le souci permanent de la population nigérienne car cette paix est l’essence même de l’islam.

 

Par Allah, si le Niger vit en paix nous ne cesserons de le répéter «ce n’est ni par la constitution, encore moins par la force de la loi, mais par la foi des musulmans et leur attachement aux valeurs communautaires de fraternité et de solidarité».

 

Rendons grâce à Allah l’Omnipotent, l’Omniscient et le Détenteur de la Royauté des cieux et de la terre qui protège notre pays des lourdes épreuves que connaissent beaucoup d’autres nations à travers le monde.
A qui profitent alors le harcèlement et l’accusation grotesque et fantaisiste des oulémas prédicateurs ici au Niger?

 

Les associations islamiques ne sauraient comprendre l’arrestation d’un imam pour avoir prononcé un sermon de vendredi et attiré en toute responsabilité l’attention des fidèles sur les menaces évidentes des bonnes mœurs et de la moralité à l’école.

 

L’école qui a toujours contribué à former, à éduquer et à promouvoir les responsables à tous les niveaux de la gestion de l’appareil de l’Etat ne saurait être la préoccupation du seul gouvernement ou des partenaires techniques et financiers du Niger. L’école qu’elle soit publique ou privée est une affaire de tous les citoyens responsables et soucieux de l’avenir de notre pays.

 

L’Article 23 de la constitution de notre pays ne dit-il pas et je cite « Les parents ont le droit et le devoir d’élever, d’éduquer et de protéger leurs enfants. Les descendants ont le droit et le devoir d’assister et d’aider les ascendants. Les uns comme les autres sont soutenus dans cette tâche par l’Etat et les autres collectivités publiques.

 

L’Etat et les autres collectivités publiques veillent par leur politique publique et leurs actions à la promotion et à l’accès à un enseignement public, gratuit et de qualité». Fin de citation.

Si l’Etat est incapable d’asseoir une école de qualité qui fait promouvoir nos valeurs culturelles, morales et spirituelles, il ne lui revient en aucune façon de contribuer à l’acculturée et à la pervertir.

Au moment où les oulémas jouent un rôle moralisateur prépondérant pour le maintien de la paix, de la sécurité, de la fraternité et l’unité des fils et filles du Niger d’autres esprits mal intentionnés les prennent pour des cibles à abattre à tout prix.

 

Les associations islamiques ne peuvent en aucun cas tolérer une telle attitude provenant de toute personne ou groupe de personnes ayant reçu la confiance de ce peuple musulman par le truchement du suffrage universel.

 

La sécurité d’un peuple ne s’assure pas par procuration car elle relève de la souveraineté de l’Etat. Par conséquent, évitons de poser des actes qui pourraient être préjudiciables à la paix, à l’unité nationale, à la stabilité et à la quiétude sociale plus que chères au Niger et à son peuple. Ce peuple aspire à un Niger émergent.

 

C’est pourquoi, nous devons tous ensemble nous atteler au combat contre la pauvreté, la faim, l’ignorance, la corruption, l’injustice, les maladies et le sous-développement.

 

Au sujet du système éducatif nigérien, les associations islamiques sont choquées et scandalisées de voir deux documents élaborés en mars 2014 qui dans leur fond cultivent l’immoralité, le reflexe du libertinage et la licence sexuelle à l’école.

 

Il s’agit du «Module de formation sur la santé sexuelle et reproductive des adolescents et des jeunes pour un comportement responsable» et d’un guide du formateur sur le même sujet, approuvés par le nouveau Ministère des Enseignements Secondaires.

 

Ces documents viennent accentuer la virulence des attaques déjà trop fréquentes à la morale et aux bonnes mœurs de notre pays.

 

Mes chers frères et sœurs, nous vous renvoyons à la lecture de ces documents et surtout aux pages 24 et 25 précisément du Guide qui oblige les enfants de 11 à 18 ans d’apprendre et d’assimiler ce qui suit :
«- Embrasser
– Se masturber ensemble
– Toucher les seins et/ou les organes génitaux à travers les habits
– Tire-langue
– Se déshabiller mutuellement
– Se tenir les mains
– Donner un baiser sec
– Baiser sur les joues
– Caresser le corps sans habits
– Danser le slow
– Se caresser l’un l’autre
– Se chatouiller l’un l’autre».

 

Ecoutons attentivement, ce passage des pages 51 et 52 du module qui dit à l’attention de nos enfants adolescents et jeunes et je cite : «La vie amoureuse et sexuelle peut être une question de droits de l’homme. …

 

Chaque personne peut décider si, quand et avec qui elle aura une relation amoureuse et contractera une relation à long terme ou un mariage. Elle peut éviter d’être mariée trop jeune ou contre son gré. Elle peut aussi choisir d’avoir une relation intime avec une personne du même sexe».

 

Par une acception perverse des droits de l’homme et de la liberté, les deux documents cités plus haut ne prennent pas en compte les réalités socioculturelles de la communauté musulmane du Niger dans laquelle la pudeur et les bonnes mœurs sont des valeurs cardinales.

 

Les associations islamiques ne sauraient en aucun cas accepter la circulation de ces deux documents à fortiori leur enseignement dans les écoles nigériennes pour les raisons ci-après :
– Manque total de moralité en bafouant toutes nos valeurs sans exception aucune ;
– Amalgame entre liberté et libertinage ;
– Légalisation de la fornication et de l’homosexualité ;
– Instauration des attouchements de tout genre entre garçons et filles, formateurs et formés (sur les parties intimes, sans aucune limite) ;
– Risque d’exposition de la jeunesse à la prostitution.

 

Enfin, les associations islamiques ont relevé que le document fait une large place à la question de la réduction du taux de fécondité de la femme nigérienne à travers la planification familiale qui offre selon les auteurs dudit document les quatre (4) façons de sauver les vies :
«Attendez (pas de grossesses trop tôt avant 18 ans) ;
Espacez (pas de grossesses trop rapprochées moins de deux ans) ;
Limitez (pas de grossesses trop nombreuses au-delà de 4 enfants) ; Arrêtez (pas de grossesses trop tardives au-delà de 35 ans)».
Mes chers frères et sœurs, à la lecture de ces documents, la question ici est de savoir où est la morale ? Où est la pudeur ? Au sujet de laquelle le Prophète SAW nous dit qu’elle constitue la moitié de la foi.
Nous ne sommes pas sans savoir que l’immoralité et le manque de pudeur pourraient amener beaucoup de parents à ne pas envoyer leurs enfants à l’école laïque.
A cette occasion solennelle, les associations islamiques exigent du gouvernement l’introduction de la morale islamique dans le système éducatif nigérien.

 

Autre attaque non moins importante à nos valeurs est la remise en cause des mariages sacrés scellés par les oulémas et la répression des parents au nom de la violence contre les femmes. Les associations islamiques sont souvent interpellées sur ces états de fait qu’elles ne peuvent en aucun cas cautionner.

 

Nous en attirons l’attention des autorités compétentes nationales, régionales et communales sur la fitnâ que pourront engendrer ces pratiques injustes.
Aussi, les formateurs et les élèves des écoles coraniques ne sont pas à leurs tours exemptés d’être ridiculisés à travers des séries radiodiffusées et télévisées à longueur des journées.
Devant cette situation qui consiste à soutenir les ennemis de l’islam dans leur ambition de dévoyer nos garçons et nos filles, de priver les oulémas de la liberté de prêcher à travers des menaces, des intimidations ou chantages en violation des libertés individuelles consacrées par la Constitution et de mettre en danger les paisibles citoyens nigériens, les associations islamiques sont déterminés à poursuivre leurs activités pour la promotion et le rayonnement de l’islam au Niger.

 

En tout état de cause, les associations islamiques pourraient prendre leur responsabilité en appelant ses membres et les fidèles à retirer leur confiance lors des prochaines échéances électorales à tout citoyen et à toute organisation non épris de paix, de leur religion, du respect des principes d’un Etat de droit et des libertés fondamentales individuelles.

Le Messager d’Allah SAW disait dans un célèbre hadith : «Tout celui parmi vous qui voit un mal, qu’il l’empêche par sa main, s’il ne peut pas qu’il l’empêche par sa langue, s’il ne peut pas qu’il le déteste dans son for intérieur et cela constitue le degré le plus bas de la foi».

Des prières et des invocations seront multipliées pour porter plaintes auprès d’Allah contre les auteurs, co-auteurs et complices des pratiques anti-islamiques qu’on veut promouvoir et institutionnaliser au Niger au nom de la séparation de l’Etat et de la Religion.
Qu’Allah bénisse le Niger et son peuple et nous éclaire davantage.
Ont signé :
ANASI LNJM
ACJMN APCI
IKS BAYANOUL-ISLAM
IYAHOU-SONNAH HAYATOUL-ISLAM
AEMN

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