Niger : Le secteur industriel peine à imprimer sa marque

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Au Niger la fermeture de certaines enseignes de renommées constatée ces dernières années telles que la Société des Brasseries et Boissons Gazeuses du Niger ( Braniger) ;  la Société des Produits Chimiques du Niger (SPCN) et de la Société des Textiles du Niger (SOTEX) , a  été causée notamment par une  concurrence déloyale ; un coût élevé de facteurs de production ainsi qu’une  fiscalité ‘’ inadaptée’’, a expliqué le Directeur Général du Développement industriel du Niger M. Abdoulaye Boubacar dans une interview accordée à l’Agence Nigérienne de Presse (ANP).

Le secteur industriel est très peu développé et diversifié au Niger, et composé essentiellement par des activités de fabrication. La période2010-2015 a été caractérisée par un regain d’activités manufacturières dû principalement à la création de petites unités de transformation agroalimentaire des produits agro-sylvo-pastoraux (43 unités) et de matériaux de construction (34 unités).  

Le premier responsable en charge du développement industriel du Niger, annonce que la contribution de l’industrie manufacturière au PIB n’a guère dépassé les 10%, la part de la valeur ajoutée dans l’industrie (hors industries extractives) manufacturière en proportion du Produit Intérieur Brut(PIB) était de 6.66 % en 2019.

 Les différentes stratégies d’industrialisation mises en œuvre depuis l’indépendance jusqu’à ce jour n’ont pas permis de réaliser un véritable développement industriel du pays, c’est en ce sens que, « le Gouvernement du Niger a sollicité et a obtenu un appui financier de la Banque Africaine de Développement (BAD) pour l’élaboration d’une Politique industrielle », a annoncé le DGPI avant d’ajouter que le processus suit son cours.

La politique du gouvernement en matière du développement industriel s’intègre dans plusieurs stratégies et reformes exécutées notamment à travers la Déclaration de la Politique Générale du Gouvernement (DPG) ; le Plan de Développement Economique et Social (PDES) ; le Programme de Renaissance acte 3.  Elle est en ligne avec les politiques communautaires notamment celles de l’Union Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) et la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

Le responsable en charge du développement industriel du Niger a fait savoir que la fermeture de la Braniger (brasserie), de la SPCN (savonnerie) ou de l’Enitex (textile) s’explique par ’’ la concurrence déloyale, le cout élève de facteurs de production et une fiscalité « inadaptée ».

Le  secteur industriel est en butte contre les aléas climatiques, l’étroitesse du marché intérieur et les importations frauduleuses, la faiblesse de la demande intérieure, l’insuffisance des matières premières locales, la faiblesse des infrastructures physiques,  a noté le fonctionnaire en charge de l’industrie, énumérant en outre  le coût élevé des facteurs de production, l’insuffisance d’une tradition et d’un esprit industriels des opérateurs économiques nigériens, l’absence d’une politique industrielle nationale, un environnement des affaires peu incitatif, l’insuffisance des ressources humaines spécialisées, une faible transformation des ressources qui implique une insuffisance de la demande d’emplois.

Le secteur est très peu développé et diversifié, d’où la faible production vendue sur le marché local, fait valoir le directeur général de développement industriel.

Ces dernières années, l’industrie manufacturière nigérienne a subi, une dégradation de ses performances en raison du coût élevé de facteurs de production et de l’étroitesse du marché intérieur, la plupart de ces unités fonctionnent en dessous de leur capacité de production de leur seuil de rentabilité, explique-t-il.

Toutefois, on observe un regain d’activités manufacturières courant la période 2010-2015 sur la branche agro-sylvo-pastoraux et celle de matériaux de construction.

« Cette forte progression de création dans ces deux (2) branches est entre autres liée respectivement aux efforts à l’Initiative Nigériens Nourrissent les Nigériens (I3N) et à la forte implication du gouvernement et des opérateurs économiques dans le développement de grands chantiers et dans une moindre mesure à la révision des avantages au bénéfice du code des investissements », a-t-il dit.

Les produits manufacturiers ne sont que faiblement exportés. Les exportations enregistrées concernent les produits de l’agroalimentaire (boissons gazéifiées et non gazéifiées, lait, autres produits de la pâtisserie), chimiques et para-chimiques (Peintures et vernis, enduits utilisés en peinture, matelas et mousses) et textures-cuirs-habillement (cuirs et peaux).

Pour rendre l’environnement industriel plus favorable aux investisseurs privés, le Niger a procédé à des mesures et réformes visant à améliorer le climat des affaires, à travers le dispositif institutionnel d’amélioration des indicateurs du climat des affaires ; du Renforcement du cadre institutionnel et organisationnel du secteur par l’élaboration et l’adoption d’une politique industrielle nationale ; Code des investissements.

L’Etat a également mis en place un cadre de Concertation et de Partenariat Public/Privé : le Conseil National des Investisseurs Privés (CNIP) ; La Chambre de Commerce d’Industrie du Niger (CCIN) ; la cellule d’Appui au Partenariat-Public- Privé (PPP); Le Comité Permanent de Concertation : MC/PSP et la CCIN.

Aussi pour les industries extractives, d’autres mesures incitatives sont prévues dans le Code minier et le Code pétrolier en plus de ceux accordées dans le Code des Investissements.

Selon l’institut national de la statique (INS), au 4ème trimestre de l’année 2020, l’Agence Nigérienne pour la Promotion de l’Emploi (ANPE) a reçu 158 offres d’emploi pour les industries extractives et 28 autres concernant les industries manufacturières.

AIO/CA/ANP- 0174 Août 2021

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