Le Niger va fermer la Cominak filiale d’Orano

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La chronique des matières premières s’intéresse aujourd’hui au marché de l’uranium, un marché que l’on pourrait qualifier de déprimé depuis quelques années. Au Niger, une des deux filiales du géant français Orano (ex Areva) va sans doute devoir fermer ses portes dans les deux à trois ans à venir, indique le ministre des Mines, faute de rentabilité suffisante.

La semaine dernière, devant les députés nigériens, Hassane Barazé le ministre des Mines a égrené de sombres perspectives pour la Cominak, l’une des mines les plus anciennes du pays, dans laquelle l’État est actionnaire aux côtés du Français Orano, du Japonais Overseas Uranium et de l’Espagnole ENU.

Cette année et durant les deux suivantes, le déficit va se creuser. Le calcul est simple, avec un coût de production d’environ 75 euros le kilo, l’uranium de la Cominak est trop cher, dès lors que le cours mondial oscille entre 54 et 55 euros le kilo.

Pourtant, l’an dernier Orano avait accepté de relever son prix d’achat de quelques euros, mais c’est encore insuffisant. Car la mine est en fin de vie, il faut creuser de plus en plus profond pour trouver un produit de moins en moins bon et de plus en plus coûteux. La Cominak est donc condamnée.

Ce n’est pourtant pas le cas ailleurs, les autres mines de la région d’Arlit conservent une rentabilité satisfaisante malgré des cours mondiaux hésitants. Car le prix de l’uranium ne remonte que difficilement la pente après une nouvelle baisse en 2016. On reste très loin de l’euphorie de l’année 2007 où le cours de l’uranium dépassait les 250 euros le kilo.

Mais le marché se stabilise peu à peu et surtout les perspectives s’améliorent. La Chine continue de construire des centrales nucléaires et la demande devrait croître de près de 50% d’ici 15 ans, selon plusieurs experts.

Signe que le marché remue, le Niger attire de nouvelles compagnies minières. Ainsi le Canadien Goviex doit poser en juillet prochain la première pierre de son usine de transformation de minerai. Reste que pour attirer les compagnies, l’État nigérien consent à de gros efforts en matière de taxes et d’impôt, si bien que pour reprendre les mots du ministre Barazé, les rentrées fiscales de l’uranium restent « timides ».

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