ZLECAf an 1 : La mise en œuvre effective repoussée pour cause de Covid-19

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L’Afrique commémore, ce 7 juillet 2020, le premier anniversaire du lancement officiel de la phase opérationnelle de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), ce projet phare de l’Agenda 2063 de l’Union Africaine porté par le Président nigérien Issoufou Mahamadou.
C’est, en effet, à l’occasion du 12ème Sommet extraordinaire de la Conférence des Chefs et de Gouvernement de l’Union Africaine, que Niamey, la capitale du Niger, a abrité le 7 juillet 2019, qu’a eu lieu cette opérationnalisation de la ZLECAf, à la suite du rapport présenté par le Chef de l’Etat nigérien.
Ce faisant, les Chefs d’Etat africains ont réaffirmé l’attachement de l’Afrique au système commercial multilatéral et son engagement à jeter des bases solides pour son développement. Ils se sont surtout engagés à achever à temps la phase II des négociations de la ZLECAf, au plus tard en juin 2021.
Ils ont également décidé que la date du 7 juillet de chaque année soit la « Journée de l’Intégration Africaine », au cours de laquelle « les Africains du continent et de la diaspora devront entreprendre des activités pour célébrer les acquis de la ZLECAf de l’année précédente ».
A l’époque, vingt-sept (27) États parties avaient déposé leurs instruments de ratification de l’Accord sur la ZLECAf auprès du président de la Commission de l’UA, à savoir le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Congo, Djibouti, l’Égypte, Eswatini, le Tchad, l’Éthiopie, la Guinée Équatoriale, le Gabon, la Gambie, le Ghana, la Guinée, le Kenya, le Mali, la Mauritanie, la Namibie, le Niger, le Rwanda, la République arabe sahraouie démocratique, Sao Tomé-et-Principe, le Sénégal, la Sierra Leone, l’Afrique du Sud, le Togo, l’Ouganda et le Zimbabwe.
Deux autres pays (le Bénin et le Nigéria) avaient signé l’Accord sur la ZLECAf, portant ainsi le nombre de signatures par les États membres à cinquante-quatre (54), l’Érythrée étant le seul pays à n’avoir pas encore rejoint la ZLECAf.
Après le Sommet de Niamey, l’Algérie a ratifié l’Accord de libre-échange le 15 décembre 2019.
En février 2020, le Sud-Africain Wamkele Mene a été élu Secrétaire général de la ZLECAf.
Lancé en mars 2018 à Kigali au Rwanda, cet Accord est juridiquement entré en vigueur le 30 mai 2019 après les 22 ratifications requises. Mais sa mise en œuvre effective, prévue pour le 1er juillet 2020, a été repoussée pour cause de la pandémie de la Covid-19.
La ZLECAf est aujourd’hui considérée comme une étape importante vers la mise en place du marché commun africain et de la communauté économique africaine en contribuant de manière significative à l’accélération de la transformation structurelle de l’Afrique  à travers un certain nombre d’outils. 
La ZLECAf opérationnalise, en effet, le Plan d’action pour le développement industriel accéléré de l’Afrique (AIDA), le  Programme de développement des infrastructures en Afrique (PIDA), le  Programme détaillé de développement de l’agriculture en Afrique (PDDAA), la vision Minière Africaine (VMA) et le Plan d’action pour l’intensification du commerce intra-africain (BIATE).
Elle offre  des opportunités indéniables pour le commerce intra-africain en termes d’élargissement du marché (1,2 milliards de consommateurs) et de perspectives d’industrialisation, d’émergence de chaine de valeur, de création d’emplois et de richesses, de développement macro et microéconomique (croissance économique).
La  ZLECAf permettrait d’accroître la valeur des échanges intra-africains de 15% à 25% (selon les efforts de libéralisation) par rapport à une situation sans ZLECAf. Le commerce intra-africain des produits industriels devait augmenter d’environ 25 à 30% ; pour les produits agricoles et alimentaires, l’augmentation se situerait entre 5% et 11%, etc…
Les gains devraient être encore plus grands en cas de libéralisation des services et l’élimination des obstacles non tarifaires sur tout le continent africain.
Les objectifs de la ZLECAf sont notamment de renforcer la compétitivité à tous les niveaux, et plus particulièrement à l’échelle de l’industrie et des entreprises, par l’exploitation des possibilités d’économie d’échelle, de surmonter la dépendance à l’égard des exportations des produits primaires et promouvoir la transformation sociale et économique pour une croissance inclusive.
Elle vise en plus une industrialisation et un développement durable, conformément à l’Agenda 2063.
KPM/CA/ANP

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